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Le glossaire du Pr. Ryback

Y comme …

Indianajonesploitation (3-3)



Suite et fin de notre dossier sur la Indianajonesploitation (la première partie figure ICI et la deuxième ICI).

Addendum Comédies Erotiques & Films X


Au milieu de tous ces téléfilms de luxe et de ces franchises faisant du neuf avec du vieux, n'oublions pas non plus les parodies épicées, voire très épicées, elles aussi remises au goût du jour, et qui pastichent l'oeuvre séminale de Spielberg et Lucas à grands renforts de clins d'oeil, de coups de coude dans les côtes, et de p'tites pépées peu avares de leurs charmes - voire pas du tout pour ceux des films qui suivent qui sont classés X.


Une bande-dessinée coquine qui parodie à la fois Indiana Jones et Tomb Raider.


On commence ce tour d'horizon des avatars dénudés de Indiana Jones avec "Indiana Joan in the Black Hole of Mammoo" (1984), dans lequel la débutante Barbie Dahl va donner d'elle-même (et recevoir) au cours d'aventures qui la verront aux prises avec des indigènes d'opérette montés comme des ânes sous stéroïdes. En 1984 toujours, cette même Barbie Dahl joue à nouveau les aventurières en petite tenue dans "Romancing the Bone" (1984), décalque dénudé de "Romancing the Stone" alias "A la poursuite du diamant vert".


L'aventurière Indiana Joan revient en 1989, cette fois sous les traits de la porno-starlette Porsche Lynn, dans "The Return of Indiana Joan" de Vince Benedetti. Dans ce nouveau porno/direct-to-video, notre archéologue nymphomane est d'abord enlevée par des extraterrestres libidineux, puis s'en va en Égypte (traduction : le monteur nous balance un stock-shot de pyramide) en compagnie de son sidekick, afin de rechercher un godemichet sacré caché dans un temple perdu abritant un culte d'érotomanes bien montés. Dans la foulée fut aussi tourné un "Indiana Joan in The Golden Triangle" qui semble s'être perdu dans les limbes de l'exploitation pornographique.



Indiana Joan n'est cependant pas la première imitation coquine du héros de Spielberg et Lucas. En 1982, l'ambitieux metteur en scène Bill Milling inaugurait le réjouissant "Blonde Goddess" par les exploits d'un aventurier maniant le fouet nommé Louisiana Smith (le hardeur David Messa), volant au secours de son amie Safari Jane sur le point d'être sacrifiée à la Déesse Blonde dans un temple perdu du Yucatán en 1936 (une séquence tournée pour de vrai au Yucatán dans une authentique cité aztèque !). Il s'agit en fait du premier segment d'un film X fourre-tout parodiant également "La kermesse des aigles", "Le Faucon Maltais" et "La guerre des étoiles" avec une générosité et un soin surprenants. Le scénario voit un dessinateur de BD binoclard et obsédé sexuel s'évader de son quotidien d'auteur brimé pour vivre les aventures de ses héros de papier. Le budget semble plus que confortable pour ce type de production, "Blonde Goddess" étant un des fleurons méconnus de l'âge d'or du boulard US.


David Messa reprend le rôle de l'aventurier Louisiana Smith dans le tout aussi réussi "Hot Stuff" (1984) de Joseph W. Sarno, autre porno hard qui ravira les amateurs de voyage et d'exotisme. Accompagné de ses fidèles sidekicks Rhode Island Red et Oklahoma Crude, Louisiana Smith explore l’Égypte à la recherche du légendaire temple d'Anakha gouverné par une accorte "Déesse d'or". Mais une maléfique officière nazie kidnappe notre héros afin d'en faire son esclave sexuel (quelques vigoureux coups de reins de Louisiana Smith la transformeront toutefois en inoffensive soubrette). Cette ambitieuse parodie new-yorkaise des "Aventuriers de l'arche perdue" bénéficie d'un tournage en Égypte et d'un scénario généreux et imaginatif, qui nous réserve notamment un savoureux pastiche de "Conan le barbare" mettant en scène un sosie d'Arnold Schwarzenegger.


Pour la forme, signalons également ce "Erotica Jones" réalisé en 1985 par Scotty Foxx, bel exemple d'arnaque car seul le titre parodie la franchise. Le film n'est effectivement qu'un porno lambda dans lequel une professeure de littérature sexuellement frustrée (Christy Canyon) s'évade de son quotidien en écrivant des "aventures" érotiques sous le pseudo Erotica Jones...



En 1996, Stuart Canterbury réalise le très fauché "The Temple of Poon", dont le titre pastiche de façon limpide "Indiana Jones and the Temple of Doom". Le début voit le hardeur moustachu Joey Silvera vêtu d'un blouson de cuir, coiffé d'un chapeau de feutre et muni d'un fouet explorer l'intérieur d'un temple à la recherche d'un précieux artefact mais, passée cette intro qui renvoie bien sûr à celle des "Aventuriers de l'arche perdue", l’œuvrette s'oriente plus vers le film de malédiction avec un archéologue victime d'une possession démoniaque - le poussant à la frénésie sexuelle - pour avoir profané un tombeau interdit. Ceux qui espèreraient un semblant de péripéties indianajonesques en seront pour leurs frais, le métrage se contentant d'enchaîner les coïts et les saynètes de dialogues sans essayer d'y insuffler un minimum d'énergie.



Réalisé en 1996 par Brad Armstrong et Greg Steelberg, le porno hard "Sex Raiders" reprend à son tour et à peu de frais les ingrédients de la saga d'Indy. En 1937, au cours de fouilles dans une grotte, un archéologue découvre un antique masque porteur d'une malédiction faisant mourir tous ceux qui le portent sur leur visage, après leur avoir fait connaître une apothéose de plaisir dans les bras de séduisantes déesses. Après être passé entre les mains d'un riche collectionneur, l'artefact maudit est retrouvé soixante ans plus tard par une chercheuse de muséum (Rebecca Lord) et un archéologue vêtu d'un blouson de cuir (Peter North).



On recense finalement assez peu de titres parodiques dans les années 80 et 90, et c'est surtout à partir des années 2000 que les avatars phallocrates d'Indiana Jones commencent à pulluler. Prenons par exemple "San Fernando Jones & the Temple of Poon" (2000), de Michael McCormick alias Quasarman, un porno dans lequel le plus très jeune Ron Jeremy tient le rôle de l'aventurier queutard San Fernando Jones (la Vallée de San Fernando, au Nord de Los Angeles, est un des hauts-lieux mondiaux de l'industrie du X). Feutre sur la tête et fouet en main, San Fernando Jones se lance dans les tribulations sexuelles d'usage pour retrouver le "temple de la chatte" du titre, dans lequel l'attend l'actrice Tabitha Stevens qui, pour qu'il puisse se remettre de cette débauche d'aventures, lui proposera… ben oui, plus de débauche encore.


Dans domaine du X toujours, on recense aussi "Jewel Raider" alias "Tomb Raper" (2001), de Jay Jeff, dont vous aurez deviné qu'il parodie lui "Tomb Raider". On y suit les exploits de la dénommée Laura Croff (Angelica Costello alias Venus), aventurière nymphomaniaque qui s'est fait dérober un précieux artefact extraterrestre et fera tout pour le récupérer…




Du X pur et dur encore avec "Indiana Mack" (2001) et sa suite "Indiana Mack 2 - Sex in the Desert" (2001), de Kovi, diptyque qui voit le hardeur Nick Lang dans la peau de Indiana Mack, un jeune et riche aventurier qui fait la rencontre d'une accorte archéologue à la recherche d'un médaillon capable, d'après la légende, de fournir un énorme pouvoir à celui qui l'aura. Le distributeur promet "du sexe explosif dans un décor exotique". Bizarrement, l'originalité du script n'est pas mise en avant...


On s'éloigne un peu des contrées moites où sévissent les pornocrates hardcore pour évoquer quelques comédies érotiques soft, qui parodient avec une égale absence de complexes les cadors du cinéma d'aventures. C'est le cas de "Bombe Raider" (Mummy Raider alias Erotic Raider, 2002), de Brian Paulin, qui parodie à la fois "Tomb Raider", "Indiana Jones" et "La Momie".


Une doctoresse nazie aussi diabolique que sexy cherche à ramener à la vie la momie du cruel roi égyptien Thotep, histoire d'instaurer un 4ème Reich. Pour l'en empêcher, la peu farouche Misty Mundae devra donner de sa personne…


Une production "Seduction Cinema" – ils sont spécialistes du genre – qui distille pendant 45 petites minutes le mélange habituel de parodie ultra-fauchée et de papouilles saphistes softcore. Visiblement tourné dans un hangar (voire un garage), "Bombe Raider" pue la misère, avec ses gunfights shootés dans un ralenti des plus miteux et sa momie en papier toilette véritable.


Une partie des scènes de ce "Bombe Raider" / "Mummy Raider" provient en fait d'une autre production "Seduction Cinema", le rip-off "Lust in the Mummy's Tomb" (2002), de William Hellfire. Dans cette autre parodie softcore de 40 mn, Misty Mundae campe cette fois une étudiante face à une antique momie égyptienne volée dans un musée par son père archéologue. Emoustillée par l'érection pharaonique qu'a conservée la momie, Misty lui prodigue quelques caresses intimes qui la tirent de son sommeil séculaire. La voilà poursuivie par le revenant libidineux, ainsi que par le fantôme bimbo-esque de Cléopâtre, d'abord jalouse puis très vite séduite elle aussi par la jeune héroïne.


Toujours dans le registre de la parodie sexy pour geeks concupiscents, mais avec un peu plus de moyens, on trouve le correct "Womb Raider" (2003), de Randolph Scott. De nouvelles aventures érotiques qui voient la chasseuse de trésors Cara Loft (Lauren Hays) partir à la recherche d'artefacts légendaires, les trois utérus sacrés de la création ("womb" = utérus), pour le compte d'un collectionneur retors, le Dr. Scrotus (huhuhu…). En compétition avec l'espionne sexy Natasha, Cara Loft devra ainsi braver mille et quelques dangers (ou presque) dans les brûlants déserts d'Arabie (où il fait tellement chaud qu'elle devra se foutre à poil), les jungles étouffantes de l'Afrique (où il fait tellement humide qu'elle devra se foutre à poil) et les sommets glacés de l'Himalaya (où il fait froid mais où elle devra quand même se foutre à poil pour les besoins d'une cérémonie dans un temple tibétain).


On continue avec "The Mummy's Kiss" (2003), de Donald F. Glut, produit hybride à mi-chemin entre la campy sexy comedy et le film d'horreur fauché dans lequel une jolie étudiante et son prof réveillent la momie de Hor-Shep-Sut. Pour retrouver toutes ses forces vitales, celle-ci devra voler les baisers de femmes amenées au zénith du plaisir...


Un produit vidéo de consommation courante, écrit et réalisé par le geekissime (au sens affectueux du terme) Donald F. Glut, grand amateur de cinéma de genre, qui fut longtemps scénariste de comics (Vampirella, Captain America, Kull), puis scénariste de dessins animés pour jeune public (Spider-Man, Scooby-Doo, Musclor, Gi-Joe, Les Transformers, Duck Tales…) avant de se lancer dans la réalisation de B-movies fantastico-érotiques ("Dinosaur Valley Girls", "The Erotic Rites of Countess Dracula", "Countess Dracula's Orgy of Blood"…). On y déplorera juste la présence, courte mais néanmoins embarrassante, du vétéran Richard Lynch (la série Galactica, "Invasion USA", "Les Barbarians" etc.).


Trois ans plus tard, Donald F. Glut remet le couvert avec "The Mummy's Kiss: 2nd Dynasty" (2006), qui présente de nouvelles donzelles mais toujours la même momie, jouée par le maquilleur d'effets spéciaux Bruce Barlow ("Critters 2", "Ghoulies 2", "Arena", "Alienator" etc.).




Evoquons encore le cas de "Alabama Jones and the Busty Crusade" (2005), comédie érotique tournée pour le marché de la vidéo par Jim Wynorski, ancien de l'écurie Roger Corman et habitué de Nanarland ("Les Yeux du Désir", "L'Ile des Komodos Géants", "Raptor", "Dinocroc vs. Supergator" etc.). On suit ici Alabama Jones, Oklahoma Jones, et California Jones, trois aventurières sexy chargées par un conservateur de musée de retrouver d'antiques trésors. Au programme de leur quête : d'accortes déesses de la jungle, des gorilles miteux, des indigènes pas crédibles, un tarzan des sous-bois, un scorpion géant, un aviateur perdu et de nombreuses gâteries saphistes. Vous l'aurez compris, le registre est celui de la grosse comédie épicée parodiant un succès populaire, dans la veine d'autres films du même genre tournés par Wynorski comme "The Da Vinci Coed", "The Hills Have Thighs" ou "The Devil Wears Nada".


On rebascule dans le X avec "Carolina Jones and the Broken Covenant" (2008), de Ethan Kane, dans lequel on apprend que les Nazis sont parvenus à récupérer l'Arche 25 ans après qu'Indiana Jones soit parvenu à leur soustraire ! Ni une ni deux, Indie décide d'envoyer sa fille unique Carolina (Ava Rose) pour la récupérer...


En 2009, l'éditeur allemand Magma demande au réalisateur Tony Stark d'usiner "Indiskret Jones und der Stein der Geilen" dans lequel un institut de recherche engage l'aventurier Indiskret Jones (Marcel Lee) pour retrouver la "pierre de Geilen". Après de torrides aventures, Indiskret Jones finit par retrouver la pierre en Suède et la ramener à l'institut. Mais celle-ci s'avère dotée d'un pouvoir érotique hors du commun auquel nul n'échappe, pas même Indiskret Jones...


Marcel Lee revient sous le chapeau de feutre de l'archéologue fornicateur Indiskret Jones pour un "Indiskret Jones und der Liebesgral" de 2012, toujours sous la houlette de Tony Stark. Dans ce nouvel opus, Indiskret Jones se voit offrir une fortune par une riche collectionneuse afin de retrouver le Graal de l'Amour. D'après la légende, celui ou celle qui boirait la coupe sacrée connaîtrait un orgasme illimité. Parvenant à mettre la main sur le Graal dans un vieux château, notre héros aura bien entendu l'occasion de payer un coup à une tripotée de hardeuses...


On boucle enfin (temporairement sans doute) avec le softcore "Bikini Jones and the Temple of Eros" (2010), du vétéran Fred Olen Ray ("Alienator", "L'Invasion des cocons"). La formule ne change toujours pas, avec un scénario prétexte à scènes d'empapaoutage soft et humour inepte typique de ce genre de productions fauchées mises en boîte pour le marché de la vidéo. Ici, Bikini Jones (Christine Nguyen) passe un accord avec la CIA pour retrouver le Temple d'Eros, à Moronica, et y récupérer une tiare qui permet à celle qui la porte de devenir la Reine de Moronica. Aidée dans sa quête olé-olé par l'espion Mark X (Tony Marino), elle devra contrer les agissements de la diabolique Evilla Cruella (Heather Vandeven), elle aussi à la recherche de la couronne, et ses sbirettes sexy.


Attention aux faux amis : la fameuse police de caractère d'Indiana Jones a fait des émules, mais ces titres n'ont rien d'indianajonesques :




Addendum Jeux Vidéo


Même si Nanarland se consacre au cinéma, il serait dommage de ne pas aborder en coup de vent les nombreux rip-offs d'Indiana Jones sortis sur consoles ou ordinateurs. A l'instar des avatars sur pellicule, les ersatz pixélisés s'égrènent en effet en une jolie galerie de noms qui claquent et de visuels tapageurs…


Amérique du Sud, 1945. Rick Dangerous, un aventurier sans peur et sans reproche, part en Amazonie à la recherche de la Tribu Goolu… un jeu vidéo de 1989 que certains ont connu sur Amiga ou ZX Spectrum.




"Bush Buck - La Course au trésor", un jeu vidéo éducatif sorti en 1991 qui mélange allègrement Histoire, Géographie et Indianajonesploitation.


Un beat'em up de 1990 sorti sur Arcade et Sega Mega Drive. Vu comme ça, l'influence n'est pas flagrante...


…mais une fois face au jeu, l'évidence se fait jour.


Un jeu de 1983, dont le titre fait joliment référence à une expression américaine désignant la tourista qu'on attrape à Mexico ! Il s'agit d'un des premiers jeux de plate-forme, dans lequel on dirige un personnage nommé Panama Joe (!) dans le dédale labyrinthique d'un temple aztèque.


L'écran-titre, en version Sega Master System.


Panama Joe devient Max Montezuma.


Une suite tardive au jeu précédant, sortie en 1998 sur PC et Game Boy Color.












L’adaptation en jeu vidéo d’un dessin animé italo-japonais inspiré de qui vous savez.


La série de jeux vidéo Uncharted, dont il se dit qu'elle pourrait faire l'objet d'une adaptation ciné...


Le visuel à la fois très joli et très référentiel d'un jeu vidéo de 1991 sorti sur Sega Mega Drive.