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Interview de Godfrey Ho (page 2)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Godfrey Ho (page 2)


La connection coréenne

Revenons un peu en arrière, à la fin des années 70. On trouve dans votre filmographie un tas de films tournés en Corée avec des acteurs Coréens comme Hwang Jang Lee, où vous êtes crédité comme réalisateur. Est-ce vraiment vous qui les dirigiez ou sont-ce simplement des films coréens avec votre nom dessus ?

En fait, ce sont des co-réalisations.

Vous étiez donc vraiment sur place pour les tourner ?

Oui, mais une grande partie des scènes a été tournée par des réalisateurs coréens. Mais pour l'exploitation, on mettait juste mon nom au générique. Autrement, comment vouliez-vous que j'arrive à faire plus de 6 ou 7 films par an ? C'est impossible ! J'étais une sorte de réalisateur en chef. Je connaissais le script.

Un peu comme Chang Cheh, d'une certaine manière, vous supervisiez le projet.

Voilà, un peu comme ça. Cela venait de la direction d'IFD. Il y avait deux patrons, l'un appelé Tomas Tang, qui est mort dans un incendie quelques années plus tard, et l'autre qui était Joseph Lai. Ils trouvaient des débouchés sur le marché du film, et moi j'étais une sorte d'expert. Je les ai conseillés et j'ai fait d'eux des hommes riches.

Comment étaient les conditions de tournage en Corée ?

Bonnes, très bonnes. Ils étaient plutôt professionnels. La seule chose, c'est qu'ils avaient une mentalité très provinciale, ils étaient trop tournés sur eux-mêmes. Mais ils se sont tout de même inspirés des films chinois. J'en veux pour preuve les films de kung fu qu'ils tournaient avec tous ces acteurs habillés en chinois. Sur les marchés étrangers, on ne connaît pas bien la culture chinoise. Personne ne sait à quoi peut bien ressembler l'empereur de Chine. Ils se moquent de tout ça, d'ailleurs. Ce qui les intéresse, ce sont les scènes d'action. Et, heureusement, les Coréens connaissaient très bien le kung fu, spécialement les coups de pieds grâce aux techniques de Tae Kwan Do, qui est un art martial très différent du Kung Fu Chinois plus concentré sur les techniques de poing. Cette formule marchait bien. A l'époque, Hwang Jang Lee et les gars dans son genre étaient très populaires. Les gens allaient les voir et s'exclamaient : "Wow ! Génial !" (rires). C'était l'âge d'or des films de kung fu. Il y avait un public très jeune.

Alors, le deal avec la Corée, c'était que vous preniez en charge la distribution internationale, et qu'en contrepartie, ils gardaient les droits d'exploitation pour le marché local ?

Oui, Les coréens avaient leurs propres marchés. Ils se chargeaient de ça eux-mêmes.


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