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Interview de William Winckler (page 3)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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William Winckler (page 3)


Le film a-t-il nécessité un grosse préparation ?


Kitten a beaucoup appris sur le tournage de « The Double-D ».

Il a fallu consacrer beaucoup de temps aux diverses préparations ainsi qu'à la pré-production. Nous avons répété le film comme une pièce de théâtre avant de commencer à filmer. J'ai aussi un peu travaillé avec Kitten Natividad. Je lui ai donné des leçons de comédie. Ma petite amie et moi avons été chez Kitten une bonne douzaine de fois, afin de lui faire apprendre les dialogues ligne par ligne et lui faire comprendre l'importance du timing en comédie... Sincèrement, Kitten a été une strip-teaseuse toute sa vie, pas une actrice de théâtre pétrie d'expérience. Du coup, la seule façon vraiment efficace d'obtenir d'elle des résultats, c’était de la faire répéter encore et encore. Au final ça a fonctionné... Des fans on écrit pour dire que c'était le meilleur film de Kitten... Elle a été brillante dans le genre « actrice rigolote », du type Lucille Ball.

Quelles ont été les principales difficultés que tu aies rencontrées en tant que réalisateur et producteur indépendant ?

J'ai écrit Double D Avenger, je l'ai produit, réalisé et j'ai joué dedans. J'ai aussi tout financé avec mon propre argent. Je n'ai donc pas eu de problèmes avec un quelconque commanditaire. Nous n'avons de ce fait pas réellement rencontré de problèmes pour réaliser le film. Cependant, il est vrai que d'un point de vue marketing/distribution, le producteur indépendant peut aujourd'hui rencontrer des problèmes. En effet, il y a dans le cinéma américain ce que l'on appelle "les sept monopoles hollywoodiens", qui contrôlent 99% de tout ce qui concerne la production et la distribution des films et téléfilms. J'ai la chance, contrairement à beaucoup de réalisateurs, que mon film soit un succès et soit amorti depuis des mois. Nous sommes désormais bénéficiaires. Cependant je suis une très très rare exception !

Peux-tu nous livrer quelques anecdotes de tournage ?


Kitten, Forrest et... une ex-conquête ?

Pendant les prises de vue, des gens croyaient souvent que je réalisais un film porno ! Nous avons vu beaucoup de monde regarder « attentivement » les filles, particulièrement durant les scènes se passant dans la rue. J'avais pris l'habitude d'envoyer Bob Mackley, qui jouait le rôle du shérif, voir les gens et leur dire de circuler... Ils pensaient que Bob était réellement un shérif ! On a aussi rencontré des difficultés pour trouver le lieu idéal pour le club de strip-tease d'Al Purplewood. Tous les propriétaires de « bars américains » étaient de vrai radins qui pensaient que j'étais le directeur des studios Universal, ils exigeaient des sommes incroyables pour louer leur établissement. Par chance, j'ai trouvé un endroit hors de Los Angeles tenu par une femme qui avait déjà dansé aux côtés de Kitten ! La règle d'or des réalisateurs indépendants c'est : plus on est loin de Hollywood, plus le tournage est facile ! (The farther away you get from Hollywood, the easier it is to film !). Lors des prises de vues au Musée de la cire de « Movieland », Kitten n'arrêtait pas de voir des statues de cires à l'effigie de ses célèbres conquêtes... Tony Curtis, Tom Selleck, Redd Fox... Ca m'a fait rire, et j'ai demandé à Kitten avec combien de ces mannequins de cire elle avait eu des rapports.


"Les passants pensaient que c'était le tournage d'un film porno !"

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