Accueil > Interviews > Interview de Stuart Smith (page 4)

Interview de Stuart Smith (page 4)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
liste des catégories

Stuart Smith (page 4)


Selon IMDB, « Guerres de l'ombre » (1990) était votre dernier film. Avez-vous mis un terme à votre brève carrière dans le cinéma de HK et, si oui, était-ce un choix de votre part, ou du fait d'un manque d'occasions de travail ? Travaillez-vous encore dans le milieu du cinéma d'une manière ou d'une autre et, si non, le feriez-vous encore si vous en aviez l'occasion ?

J'ai continué à travailler dans le milieu du doublage à Hong Kong jusqu'au milieu des années 1990. J'ai reçu des propositions après « Guerres de l'ombre », mais en toute honnêteté il n'y avait rien qui m'intéressait vraiment, ou bien les contrats n'étaient pas avantageux. Il y a eu un certain nombre de films hollywoodiens qui se sont tournés en Asie à l'époque, mais je n'ai rien décroché, car j'avais du mal à produire un accent américain crédible. J'ai simplement estimé que les choses arrivaient à leur terme et que j'allais devoir soit retourner en Australie pour faire des films, ou bien rester en Asie et faire autre chose. J'ai choisi la seconde solution.



J'ai reçu quelques propositions de rôles ces dernières années, mais si le rôle ne m'intéresse pas vraiment, il n'y a pas de raison que je le fasse. Je n'ai pas du tout besoin de sous !



Je suis impliqué sur un certain nombre de projets personnels «créatifs », mais ce n'est pas encore public. Le monde devra attendre encore un peu.

IMDB vous attribue des rôles dans des séries télé américaines comme "Chicago Hope" ou "The Practice : Bobby Donnell et Associés", mais nous pensons que ce "Stuart Smith" doit être un homonyme. Est-ce le cas ?

Oui, c'est le cas. Je pense qu'il doit y avoir un certain nombre de Stuart Smith dans le milieu du cinéma.

Actuellement, vous semblez travailler en Thaïlande comme conseiller financier. En quelques mots, et si cela n'est pas trop personnel, pourriez-vous nous dire ce que vous avez fait entre la fin de votre carrière au cinéma et aujourd’hui ? Comment avez-vous choisi votre nouvelle profession ?

J'ai toujours joué en bourse à Hong Kong depuis mon arrivée en 1986, donc cela m'apparaissait comme allant de soi par certains côtés. Au milieu des années 1990, l'industrie du cinéma était en déclin, du moins en ce qui concerne les occidentaux ; il y avait moins de travail dans le doublage. Mon ami Louis Roth était gravement malade, et il y avait donc de moins en moins de raisons de persévérer.



Mon départ pour la Thailande est dû à mon changement de situation, mais je reviens à Hong Kong tous les mois, ou tous les deux mois, pour mon travail actuel. J'ai toujours eu une relation d'amour et de haine avec cette ville. Ca pouvait être l'endroit le plus génial au monde le matin, et le pire endroit au monde l'après-midi. Mais c'est un peu comme une drogue dont on a du mal à décrocher. Je considère toujours Hong Kong comme l'un de mes nombreux foyers.

Avec le recul, quel est votre regard sur l'industrie du cinéma ? Etait-ce une vraie passion pour vous, ou simplement un travail parmi d'autres ? La vie a-t-elle changé pour les occidentaux qui, comme vous, vivent à Hong Kong et en Asie, depuis les années 1980 ?

J'ai toujours apprécié le milieu du cinéma, bien que j'aie passé le plus clair de mon temps à travailler sur des films pire que médiocres. Travailler dans le cinéma est un privilège dont peu bénéficient ici-bas. Je crois en notre capacité à vivre plusieurs vies en une et, bien que bouddhiste moi-même et croyant aux vies passées et à la réincarnation, je considère que nous ne vivons la vie présente qu'une seule fois. C'est sûr à 100%. Je me suis amusé pendant une bonne dizaine d'années en travaillant dans le cinéma et j'ai rencontré ou travaillé avec la plupart des grandes vedettes de Hong Kong. Les seuls mauvais souvenirs que j'en retire viennent de mes périodes sans travail.



Après huit ou neuf années assez douloureuses après la rétrocession de 1997, Hong Kong a retrouvé ses couleurs. Elle a pris certains aspects de la Chine continentale et la plupart des occidentaux présents dans les années 80 sont partis, mais comme on pouvait s'y attendre, ils ont été remplacés par une nouvelle génération d'occidentaux et d'expatriés. La ville a toujours cette énergie vibrante qu'on ne trouve, selon moi, nulle part ailleurs.

Avez-vous conservé une liste complète de toutes vos apparitions au cinéma ?

Hé non. Je crois que j'ai un exemplaire de « Guerres de l'ombre » quelque part dans ma DVDthèque.

De la part de toute l'équipe, merci beaucoup d'avoir pris le temps de nous répondre.

Pas de souci. C'était bien sympa de remonter le fil de la mémoire.



Et en dépit de ce que tout le monde, y compris moi, pourra dire sur ce qui s'est passé à HK dans les années 80, il y a toujours trois versions de chaque histoire... ma version, leur version et, enfin, la vérité !


Page précédente -

- Page 1 -- Page 2 -- Page 3 -- Page 4 -
Retour vers les interviews