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Interview de Pierre Tremblay (page 4)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Pierre Tremblay (page 4)


En 2001 on m'invita à jouer un rôle dans le premier film du metteur en scène Lam Wah Chuen. Le film s'appelait "Accidental Fire" alias "Runaway Pistol",  et remporta plusieurs prix au Festival du Cheval D'Or de Taïwan. Ma performance n'y était pour rien. J'avais décidé de montrer le moins d'émotions possible, puisque ça avait bien marché dans le film de Tsui Hark en 1981, mais le résultat s'avéra décevant. Vide d'expression, mon visage semblait hors du coup. J'ai été d'un extrême à l'autre : surjouer à pas assez.

En 2003 j'ai été invité à jouer un rôle dans le tout premier film d'un jeune metteur en scène qui s'est révélé avoir beaucoup de talent. Le film s'appelait "You Shoot, I Shoot", et le metteur en scène était Pang Ho Cheung.

Mon rôle ne tînt qu'à une seule scène, je jouais la voix du poster du jeune... Alain Delon. Rarement me suis-je autnat amusé ! Mon "poster" conversait en français avec le héros du film, Eric Kot, qui me répondait en cantonais. Évidemment j'avais aussi écris mon dialogue, étant le seul francophone de l'équipe, et suivant les indications du metteur en scène j'ai dû délayer mon texte au point de presque me répéter pour remplir les délais de temps qu'il voulait. Et même si ma voix ne ressemble en rien à celle de M. Delon, j'avais suffisamment "standardisé" mon accent québécois pour la rendre au moins crédible auprès du public hong-kongais. Bref, j'avais temporairement trouvé un juste milieu : je joue avec la voix et pas avec le visage...

Mon interview avec Radio-Canada de 2003 que vous avez repérée m'a valu quelques chroniques d'été à la 1ère Chaîne pendant quelques années ; ensuite j'ai de nouveau été "stringer" chez MTV-Asia pour d'autres années ; et mon travail à la radio et comme artiste de voix off en anglais, cantonais et français continue. J'ose espérer qu'un jour je pourrai enfin bien jouer un rôle, qui sait, avant mes 70 ans ? Je ne vous conseille pas d'attendre.


Pierre et le groupe OTO (photo RTHK).


Je vais répondre à vos deux dernières questions comme une seule : mes conseils et mon regard sur mon parcours. À celles et ceux qui s'intéressent à une carrière de comédien/ne : ne faites pas comme moi ! Prenez des cours, entraînez-vous. À ceux et celles qui sentent qu'ils/elles ont un talent pour quelque chose d'indéfini : seuls l'expérience, la patience et le dévouement peuvent préciser ce don.

Bonne chance.


Pierre recevant le groupe malais Pesawat (photo RTHK).


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