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Interview de Nick Nicholson (page 7)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Nick Nicholson (page 7)


En 1988, vous apparaissez dans "Zombie 4 : After Death", une production de Bruno Mattei réalisée par Claudio Fragasso. Vous souvenez-vous de ce film ? L'acteur principal Chuck Peyton, était en fait connu comme star du X gay sous le nom de Jeff Stryker. Vous savez comment il a eu le rôle ? Claudio Fragasso prétend qu'il ignorait à l'époque avoir engagé une star du porno...


Jeff stryker.

J'ai adoré travailler avec les Italiens ! La bouffe était excellente et ils nous traitaient avec respect. C'étaient des "purs". J'en raconterai davantage dans mon livre. Chuck Peyton était le petit ami du directeur de casting, un Allemand. Quant à savoir si Claudio Fragasso était au courant que Chuck était gay ... Moahahahahaha ! tout le monde était au courant. Vous pouviez le voir dans des pubs de Hustler magazine. Chuck était un brave gosse, bien tranquille, et je ne pourrais rien dire de négatif à son sujet. Je pense que Claudio a voulu être sympa, comme à son habitude, car c'est vraiment un mec bien.

En 1989, vous avez joué dans "Le Dernier Assaut", un film de l'Australien Brian Trenchard-Smith, qui a réalisé quelques films délectables ("L'Homme de Hong Kong", "La Rage de la Casse", "Le Gang des BMX"). Comment cela s'est-il déroulé ?


Brian Trenchard-Smith (à droite) sur le plateau du film.

"Le Dernier Assaut" fut l'un des films les plus difficiles que j'ai eu à faire. On tournait dans une carrière sous un soleil de plomb et on était sous-payés parce que la productrice Marilyn Ong tournait en même temps un autre film qui mangeait la moitié de notre budget. Le film était pré-vendu et on s'est fait entuber par cette connasse de Chinoise ! Le travail avec Brian était en revanche très agréable. Je l'aimais vraiment beaucoup. Il lui fallait composer avec Wings Hauser, un véritable trou du cul qui était en permanence sous tranquillisants. Mon vieux copain Lee Ermey à l'opposé, était de ceux avec qui il était intéressant de travailler.


"J'ai adoré travailler avec les Italiens ! C'étaient des "purs"."

Vous avez tourné plusieurs films avec le réalisateur / producteur Cirio H. Santiago, un grand nom du bis philippin qui a notamment travaillé pour Roger Corman. Quel genre de personne était-il et comment cela se passait-il sur le plateau ? Nous pensons spécialement aux films "post-apocalyptiques" et autres dérivés de Mad Max. Certains de ces films comme "Equalizer 2000" on l'air d'avoir été improvisés sur place en quelques jours dans une carrière. Y avait-il un scénario et des dialogues ?


Nick, dans Equalizer 2000.

C'était très fun de tourner avec Cirio. Il nous ruinait le cul à force de nous faire trimer mais ça valait le coup et tout cela nous amusait. Cirio a un très grand sens de l'humour et il sait vous faire sentir que vous faites partie de la famille. On avait des vrais scénarios, avec des vrais dialogues, et généralement nous tournions en 30 jours. D'ordinaire les dialogues étaient assez lamentables, mais comme disait le grand Spencer Tracy : "vous apprenez votre texte, vous y allez et vous le faites !". Croyez-le ou non, "Stryker", l'un des films de Cirio, a tenu l'affiche à Paris pendant six mois. Le genre "post-apocalyptique" était soutenu par un public d'inconditionnels. Ne me demandez pas pourquoi, mais c'était comme ça !

Sur les films de Teddy Page, on trouve une équipe d'acteurs très réguliers (Richard Harrison, Bruce Baron, Ron Kristoff, Mike Monty, Don Gordon, Max Thayer, James Gaines...), il semble qu'il y ait eu une deuxième "troupe" autour des films de Santiago (Rick Dean, Joseph Zucchero, Blake Boyd, Henry Strzalkowski, Steve Rogers...). Vous êtes l'un des rares, avec Don Gordon, à faire partie de ces deux "clans". Comment étaient choisis les acteurs d'une production à une autre ?


Don Gordon (à gauche) dans Equalizer 2000.

Don et moi on avait un accord avec Mr Lim et on lui restait fidèle. Nous adorions faire des films et nous n'avions pas d'exigences irréalistes auprès de ces gens. C'est comme cela qu'on arrive à survivre. Vous avez un tarif et vous vous y tenez. On était bien conscients de ne pas être des grosses vedettes d'Hollywood ! On savait bien qu'on faisait de la crotte, mais le boulot, lui, restait le même.

Dans "Dune Warriors" (1990), il y a un môme crédité "Daniel Nicholson" au générique. D'après l'IMDB on le retrouve également dans "Heated Vengeance" (1985) et "Jailbreak 1958" (1986). C'est votre fils ?


Nick, dans Dune Warriors.

Oui, exact, c'est mon cadet ! Aujourd'hui, il a une vingtaine d'années et il est technicien en informatique.


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