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Interview de Nick Nicholson (page 2)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Nick Nicholson (page 2)


Nous aimerions en savoir un peu plus sur vos participations en tant qu'assistant de production dans les gros films hollywoodiens qui se tournaient aux Philippines, comme "Apocalypse Now" et "Platoon" ? Travailliez-vous également pour des productions locales comme membre de l'équipe technique ?

Sur "Apocalypse Now" j'étais simplement figurant. La plupart du temps, soit j'étais saoul, soit j'étais défoncé (presque tout le monde l'était !). J'en dirais un peu plus quand j'aurais fini mon bouquin, "Fish Heads and Rice". Sur "Platoon", le boulot était dur mais, d'un autre côté, j'ai beaucoup appris de Gordon Boos, de Dale Dye et d'Oliver Stone. Je leur serai toujours reconnaissant de m'avoir pris avec eux sur ce projet. Les conditions de tournage étaient éprouvantes, particulièrement sur la montagne de Maragodon Cavite, mais le boulot en valait la peine. Il y avait trois heures de marche pour grimper au sommet et si on oubliait quelque chose en bas, il fallait dévaler la pente en un quart d'heure pour retourner au camion et ensuite se faire chier à remonter. Tous les acteurs étaient vraiment des personnes fabuleuses, ainsi que l'équipe du film. J'ai effectivement travaillé sur pas mal d'autres productions avec des compagnies locales ou étrangères. Je lis, parle et écris le tagalog couramment.

Etiez-vous acteur à plein temps aux Philippines, ou bien s'agissait-il d'une activité annexe ?

Non, j'ai eu beaucoup d'autres boulots parallèlement. Pendant un moment, je réparais et je revendais des Harley Davidson. J'ai aussi travaillé dans l'immobilier, dirigé une société de surveillance, bossé dans une agence de courtage (je vendais des placements financiers par téléphone, moahahaha !). J'ai fait quantité de choses et croisé des personnages de toutes sortes. Lorsque j'aurai fini "Fish Heads and Rice", je m'attaquerai à un nouveau livre qui traitera de cette autre partie de ma vie.

Quand, où et comment avez-vous été engagé par la firme Kinavesa (connue à l'export sous le nom Silver Star Films ) ? Quel genre de personne était K Y Lim, le patron de cette compagnie ?

Comme je vous l'ai dit plus haut, un type avec qui je travaillais avait un oncle qui était dans la partie et il nous a obtenu le job. Ah... Mr Lim ! Une personnalité totalement incomprise et très décriée. Si Kimmy Lim n'avait pas été là, à l'heure qu'il est, je serais peut-être mort de faim. La plupart de ses films étaient à chier (je rigole quand je dis ça), néanmoins, il nous a permis d'avoir du travail régulièrement. Je serais bien incapable de vous dire du mal de lui ou de sa femme. Sur un tournage de Kinavesa, tout était réduit au strict minimum mais on s'amusait bien.


"Sur un tournage de Kinavesa, tout était réduit au strict minimum mais on s'amusait bien."

Dans les nanars de la Kinavesa, les cascades donnent l'impression d'être assez rudimentaires. Il semble que vous ayez eu à déplorer plusieurs fractures lors de scènes de combat. Et sur votre site, on vous voit à côté d'une voiture dont la vitre arrière présente un impact de balle. Le commentaire est le suivant : "Moi après une cascade sur le tournage de Laser Force où je doublais Max Thayer. L'impact a été causé par un projectile de 5.56 mm de diamètre. On m'a tiré dessus à balles réelles avec un M-16 pendant que je devais monter sur le toit de la voiture en marche !" Est-ce que vous aimiez jouer les casse-cous ou bien est-ce que, d'une manière générale, cela faisait partie du jeu sur ce genre de tournage ?

Eh bien, c'est toujours mieux quand on peut faire les cascades soi-même ! Robert Patrick a décroché son rôle dans "Terminator 2" parce qu'il avait adopté cette attitude depuis le tournage des films de Cirio H. Santiago. C'est un authentique "Pigs in Space" (c'est le nom de notre troupe locale). Dans "Laser Force", j'étais accroché à l'arrière d'une voiture et je devais ramper jusque sur le toit pendant qu'un gars sur le siège avant me tirait dessus. Le coup de feu devait être simulé en utilisant l'ogive d'une balle de .45 tirée au lance-pierre. On a essayé par trois fois mais le projectile s'écrasait contre la vitre sans la briser, si bien que Gapo (le mec des effets spéciaux) a dit qu'il vaudrait mieux qu'on le fasse à balles réelles. Sur le moment, j'ai simplement dit "Putain, ouais ! Faisons-le !" et on l'a fait. On m'a filé 100 pesos pour la cascade [NdlR : environ 5$ US à l'époque, soit le salaire journalier d'un figurant] et Max Thayer a passé le reste de la journée à pisser de rire ! C'était plutôt risqué d'être acteur là-dedans, d'autant qu'on ne nous donnait pas la moindre consigne de sécurité à respecter sur les plateaux.


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