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Interview de Mike Monty (page 3)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Mike Monty (page 3)


Comment en êtes-vous venu à vivre et à travailler aux Philippines ?

Hé bien, je suis allé là-bas pour la première fois en 1980, pour y tourner « Pleasure island », un film produit par Dick Randall. C'était un film d'aventures érotique, et je jouais le héros. J'étais une sorte d'aventurier dont le bateau fait naufrage sur une île, dont je vais libérer les habitantes de l'esclavage sexuel... J'ai adoré le pays, la vie n'était pas chère, les gens étaient adorables et parlaient aussi anglais. Et les filles étaient vraiment incroyables. Vous voyez, à l'époque j'avais 44 ans et ça devenait difficile avec les nanas en Italie. Un homme de mon âge, on l'appelait « Matusa », ce qui veut dire à peu près « vieux schnock » ! (rires) Mais aux Philippines, ouaaaaah ! J'avais des filles de 16, 17 ans plein les bras ! J'étais dans un vrai Paradis pour hommes ! (rires) Donc, comme je n'avais pas énormément de boulot à l'époque, j'ai fait des allers et retours, et je me suis fixé définitivement là-bas en 1983. J'ai fait savoir aux cinéastes que je vivais là et ça m'a permis de bosser dans plein de coproductions internationales tournées aux Philippines. J'ai aussi conseillé à pas mal de cinéastes italiens de venir aux Philippines pour y faire des films. Il y en a, comme Anthony M. Dawson / Antonio Margheriti, qui sont venus de leur fait, mais il y en a d'autres que j'ai fait venir.

Etiez-vous également assistant à la production ou à la réalisation sur ces films ?

Non, à l'époque j'étais juste acteur. J'avais beaucoup, beaucoup de boulot dans ces années-là. Il y avait des équipes du monde entier, américaines, italiennes, allemandes, françaises, qui venaient tourner aux Philippines. Et les Philippins se sont mis eux aussi à faire leurs propres films pour l'export, certains étaient même vendus sur le marché américain. J'ai dû faire 14 films rien qu'en 1986 ; en tout, je pense avoir tourné environ 80 films dans les années 1980.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les autres acteurs occidentaux qui tournaient aux Philippines, comme Romano Kristoff, Mike Cohen, Don Gordon, Nick Nicholson, Jim Gaines ?


Don Gordon, Mike Cohen

Nick Nicholson et Jim Gaines

Romano Kristoff et Nick Nicholson vivent toujours aux Philippines. Je n'ai pas vu Nick depuis un certain temps ; à une époque on faisait du doublage de films ensemble. Don Gordon a eu une espèce de révélation, il a fait son retour à Dieu et il est devenu missionnaire. On l'a envoyé en Corée du Sud. Jim Gaines est né aux Philippines : son père travaillait à l'ambassade américaine, je crois, et sa mère était Philippine. Il y a même une équipe américaine qui l'a contacté il y a quelques temps pour faire un documentaire sur sa vie, mais je ne sais pas si ça s'est fait. Pas mal d'Occidentaux faisaient les acteurs pour s'amuser : Mike Cohen, par exemple, était un colonel en retraite qui avait ouvert un supermarché à Manille. C'était un gars très gentil. Il est mort il y a pas mal d'années, peu après qu'on ait joué ensemble dans « Desert Warrior », un film post-apocalyptique avec Lou Ferrigno. Le pauvre, il avait un grave problème de surpoids...

Des souvenirs sur Max Thayer, avec qui vous avez fait notamment « Laser Force » et « Commando Massacre » ?


Max Thayer est un peu bizarre, il est assez froid sur le plateau et super sympa en dehors. J'imagine que c'est parce que c'est un acteur sérieux. Je l'ai revu aux USA en 1987, quand j'étais venu voir s'il y avait des possibilités de boulot là-bas. Il ne bossait pas trop, alors on a passé du temps ensemble. Je ne suis pas resté aux USA, toujours à cause de cette histoire de syndicat d'acteurs.

Avez-vous lu l'interview que Bruce Baron nous a accordée ? Il nous a expliqué que les acteurs principaux gagnaient environ 1500 dollars par film...

Ouais, j'ai lu cette interview. Bruce Baron n'a pas changé d'un iota. C'est un mec très aigri, très négatif. Je ne l'ai jamais entendu dire quoi que ce soit de positif sur qui que ce soit. Mais ce qu'il vous a raconté, c'est du pipeau. J'étais très copain avec Mr Lim, le producteur, et je sais combien Bruce Baron touchait. Vous pouvez être sûrs que c'est moi qui touchait plus de fric que lui et pas le contraire ! (rires)

Pouvez-vous nous parler de Bruno Mattei, avec qui vous avez fait plusieurs films, notamment « Zombi 3 » (commencé par Lucio Fulci), et « Strike Commando », pour lequel vous n'êtes pas crédité au générique bien que votre rôle soit important ?


Bruno est un mec pro, peut-être un peu collet-monté... Il sait que ses films, ce n'est pas « Docteur Jivago », mais il a des histoires à raconter, et il les raconte comme il faut. Seulement, parfois il se retrouve à bosser avec des mecs qui ne sont même pas de vrais comédiens... Je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle je ne suis pas crédité sur « Strike Commando » : quand le film est sorti à Manille, j'étais crédité. J'ai bien aimé bosser avec Reb Brown. C'est un mec très sympa, très expérimenté...


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