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Interview de Mike Monty (page 2)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Mike Monty (page 2)


Vous avez beaucoup travaillé avec le producteur américain Dick Randall, qui était alors très actif en Italie. Quel genre d'homme était-ce ?


Dick Randall

Oh, c'était un personnage intéressant. Il avait eu des ennuis avec la justice, et fait un peu de taule pour une arnaque financière, du coup il était plus ou moins exilé en Europe (rires). Il était très doué pour produire des films pour pas un rond : ce n'étaient jamais de gros succès, mais ça ramenait toujours assez de blé pour en produire d'autres, et ainsi de suite.

Quels souvenirs gardez-vous du film « Le Château de l'horreur », où vous tenez un petit rôle de paysan ?


C'était marrant. Encore une production Dick Randall. Le casting était fabuleux : Rossano Brazzi, Gordon Mitchell... Il y avait Edmund Purdom, qui était un mec très sympa et un bon acteur. C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas eu une meilleure carrière, mais il avait un problème d'alcoolisme à l'époque. Il y avait le nain Michael Dunn, et puis Salvatore Baccaro, qui jouait l'homme des cavernes. C'était un mec très gentil, très calme, mais avec un physique effrayant. Je n'avais jamais vu une gueule comme ça de toute ma vie !

Vous avez joué dans plusieurs films du réalisateur français Jean-Marie Pallardy. Quels souvenirs en avez-vous gardé ?


Ajita Wilson et Jean-Marie Pallardy

Jean-Marie était un bon pote à moi. J'ai fait quatre, cinq films avec lui. C'était des pornos softs et on s'amusait bien. Je l'avais rencontré en Italie et je venais souvent lui rendre visite en France ; lui venait me voir en Italie. Il était assez frénétique et désordonné, mais on s'y faisait. Il avait toujours plein d'idées et de projets. On travaillait sans scénario : quand on lui parlait du script, il répondait qu'il avait tout dans la tête ! Aujourd'hui, je bosse souvent avec les Japonais, qui sont un peu comme ça. Au moins, avec Jean-Marie, on pouvait parler la même langue ! (rires) Dans « L'Amour chez les poids-lourds », l'actrice principale était un transsexuel, Ajita Wilson. Une personne très bizarre... J'étais assez intrigué par elle et j'ai longtemps eu des doutes sur son changement de sexe... Mais elle avait de grandes mains, très masculines... Elle traînait beaucoup avec Dick Randall. Qui sait ce qui se passait entre eux ? (rires)

Vous êtes resté en contact avec Pallardy ?

En fait, je lui ai parlé au téléphone il y a un an : il avait un projet de tournage aux Philippines, mais ça ne s'est pas fait parce que c'est un peu mort pour les coproductions.

L'un des films que vous avez tourné avec lui, « Le Journal érotique d'une Thaïlandaise », avait une version hard. L'actrice principale, Brigitte Lahaie, était alors une actrice porno très connue...

Ouais, c'était un soft, mais on a fait une version alternative avec des scènes hards. Je me souviens que Brigitte était une très bonne pompeuse. J'avais un rôle assez simple, et je n'ai pas participé à ces scènes, mais j'étais sur le plateau et je me suis bien rincé l'oeil ! (rires). J'ai aussi rencontré Sylvia B., une vedette de l'érotisme très connue à l'époque. Elle avait le béguin pour moi et on a eu une histoire pendant six ou sept mois. Elle venait me voir en Italie, je venais la voir en France... C'était une sacrée chaudasse, elle n'avait pas froid aux yeux ! J'ai vu quelques-uns de ces films et je n'arrivais pas à croire ce qu'elle faisait à l'écran ! Elle possédait un sex-shop à Paris, où elle vendait des trucs comme des vélos avec des godes sur les sièges ! (rires)


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