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Interview de Max Thayer (page 3)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Max Thayer (page 3)


C'est logiquement dans son pays d'origine que Max Thayer a décroché ses premiers rôles importants. Pour nous, il revient sur ses premiers pas à l'écran, qui l'ont mené des tréfonds de la série Z hollywoodienne, jusqu'au rôle de vedette dans la série B violente Les Chiens de chasse...

" Au cours de cet entretien, je vous fournirai aussi les réponses aux questions que vous ne m'avez pas posées. Un exemple ? : "Quels sont les films ou qui sont les acteurs ayant eu, au départ, le plus d'influence sur vous ?"

Voici ma réponse :
- Le Prêteur sur gages , La Chambre indiscrète , et Jules et Jim pour les films,
- Lee Marvin, Steve McQueen et Alain Delon, pour les acteurs,
- Julie Christie, Jane Fonda et Brigitte Bardot, pour les actrices.

Mon premier film s'appelait Ilsa, la gardienne du Harem, en 1975. Et, comme je vous l'ai dit, c'est bien moi Michael Thayer, mais ce n'est pas ma voix qu'on entend dans le film. J'ai été doublé pour des raisons sur lesquelles je ne m'étendrai pas ici. Ce film fut pour moi une grande leçon sur les méthodes de survie dans le milieu du cinéma. Un peu comme si l'on m'avait balancé dans le bassin aux requins ! C'était toute une aventure en soi, et moins on en parle, mieux on se porte. A truly atrocious piece of merde !

La plus grosse vedette du film, c'était la tarentule de James Bond contre Dr No. Ce qu'il y a toutefois de remarquable dans Ilsa, c'est la photographie de Dean Cundey et les décors de J. Michael Riva. Ce n'est guère étonnant pour qui connaît leurs filmographies respectives. [NdlR : Dean Cundey a travaillé notamment sur Halloween, Hook et Apollo 13. J. Michael Riva sur L'Arme fatale, La Couleur pourpre, ou encore Charlie et ses drôles de dames]
L'un des rares avantages d'avoir participé à cette pantalonnade est que je ne me laisserai jamais plus entraîner à nouveau dans un truc pareil.


"Hot Ice fut mis en scène par le célèbre Ted Apostolof et comptait également la dernière apparition d'Ed Wood"

J'ai enchaîné sur Planet of the Dinosaurs puis sur Hot Ice. Le deuxième fut mis en scène par le célèbre Ted Apostolof et comptait également la dernière apparition d'Ed Wood à l'écran en tant qu'acteur.

En 1977, je fus l'un des interprètes principaux, aux côtés de Frank Sinatra Jr, de Do it in the dirt, un film de moto-cross. Pour décrocher ce rôle, ce furent surtout mes talents de motard qui firent la différence, davantage que mes capacités d'acteur. Je ne sais pas ce qu'est devenu le film. Je ne pense pas qu'il soit jamais sorti, je n'en ai d'ailleurs jamais vu la moindre image.

Lors d'un day-off sur le tournage de Do it in the dirt, j'ai réncontré Elliot Hong qui était sur le point de réaliser Les Chiens de chasse. A l'heure où je vous parle, je suis un peu trop fainéant pour m'en souvenir avec précision, mais ça a dû démarrer aux alentours de l'année 1978. Je me souviens de ma rencontre et de l'entraînement avec Bong Soo Han, qui avait réglé les combats de Billy Jack ainsi que de nombreux autres films. C'était un Maître sévère. Bien que, depuis 1966, je connaisse et aie pratiqué différentes techniques de combat, je ne suis pas un artiste martial, je tiens à le préciser. Toutefois, j'aime énormément le sport. J'en ai pratiqué pas mal étant gosse, à Detroit : hockey sur glace, baseball, boxe, natation... Cela m'a beaucoup servi par la suite dans les films d'action.

Je ne suis pas cascadeur non plus. Durant une grosse scène de bagarre sur le toit d'un immeuble, les méchants du film étaient censés me balancer dans tous les coins. J'ignorais qu'on utilisait des protections. C'est seulement après, quand j'ai montré mes bleus à un copain cascadeur, qu'il m'a dit d'un air étonné : "Tu n'avais pas mis de rembourrage ?". Je me suis équipé dès le lendemain.

Je suis un acteur, rien de plus.

Au fait, Les Chiens de chasse, ainsi que tous mes films précédents, ont été tournés dans la région de Los Angeles. Pas encore de Philippines. Je ne suis arrivé là-bas qu'en 1983..."


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