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Interview de Max Thayer (page 2)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Max Thayer (page 2)


En guise de préambule, il nous est apparu nécessaire d'en savoir davantage sur Max, sur l'homme et sur son parcours premier, nos renseignements biographiques à son sujet étant particulièrement lacunaires. Qui est-il ? D'où vient-il ? Etait-il ce Michael Thayer aperçu dans Ilsa ou bien était-ce un cousin qui passait ses vacances dans les harems sordides d'un Moyen-Orient des plus nanars ? Max nous éclaire...


L'un des héros du livre
se nomme Max Sands.
Il fut porté plusieurs
fois à l'écran,
notamment par Henry
Hatthaway pour Nevada
Smith avec Steve McQueen.


" Oui, je suis Michael Thayer ! "Max", c'est le personnage d'un roman d'Harold Robbins (Les Ambitieux). Ou peut-être cela me vient-il d'un été 72 passé à Amsterdam... ou bien encore d'un nom que j'ai choisi en rejoignant la Screen Actors Guild [NdlR : le syndicat des acteurs d'Hollywood]

Je suis né le 18 Juin 1946 à Detroit, dans l'Etat du Michigan, Etats-Unis d'Amérique. J'ai été enrôlé dans l'armée de terre en 1966, j'y ai servi pendant 3 ans avant de me rendre à Los Angeles, Californie, en 1969, pour tenter ma chance au cinéma. J'avais vingt deux ans. Après ça, New York, puis l'Europe. L'Asie et l'Amérique du Sud m'ont accueilli un temps, mais la vie m'a toujours ramené ici, à Hollywood, où j'habite depuis 25 ans.


"Je suis Michael Thayer !"

Voici comment j'ai débuté dans le métier :

Je venais de finir l'armée quand je suis arrivé à Los Angeles, Californie, en 1969. Je n'avais jamais songé à devenir comédien mais j'ai pensé que ce serait un boulot sympa et je me suis présenté à la MGM afin de poser ma candidature pour travailler chez eux comme acteur.

Ils m'ont ri au nez et flanqué à la porte !

Max sur les planches.


Photo récente du press-book de Max

Sans formation ni aucune connaissance, je fis mon entrée sur la scène du petit monde du spectacle en intégrant une troupe expérimentale qui pratiquait le théâtre de rue, à Venice, Californie. Nous écoutions Captain Beefheart ou Trout Mask Replica et nous faisions des improvisations. C'était complètement dingue ! Ce fut ma première expérience d'acteur et le début de l'aventure de toute une vie.

Pour la première fois, j'ai commencé à lire des pièces de théâtre et je suis devenu familier de Brecht, Joyce, Miller et O'Neill. J'ai lu les livres sur le métier d'acteur de Uta Hagen et Michael Chekhov. J'ai appris à jouer les oeuvres de Grotowski. Ce fut la source d'une carrière qui m'amena à jouer sur les planches de New York et de Los Angeles.

Le théâtre est le coeur du métier de comédien et je crois que c'est par le théâtre qu'un acteur parvient à s'affirmer.

Se produire devant un vrai public est la chose la plus effrayante qu'un acteur ait à affronter. J'ai eu davantage le trac en attendant le lever de rideau au théâtre qu'avant de m'élancer pour n'importe quelle cascade au cinéma. Mais l'exaltation que procure une performance face à un public venu se cultiver et se distraire est incomparable. Plus le risque est grand, plus le frisson est intense.

Tenter de comparer le cinéma et le théâtre équivaut à comparer des pommes et des poires. Il faudrait en discuter de manière approfondie, ce que je ne me sens pas de faire maintenant. Sachez seulement que je tire un immense plaisir de ces deux activités et que je continuerai de m'y abreuver tant que Dieu me prêtera vie.


Le Liquide Theatre

Paris, France. 1972. J'ai quelque anecdote concernant une pièce d'avant-garde dans laquelle j'ai joué, nommée Liquid Theatre, qui fut montée à l'Espace Cardin. Je faisais partie de la troupe new-yorkaise qui interprétait la pièce au Musée Guggenheim, avant qu'elle ne s'installe dans vos vertes contrées. Pour l'occasion, je me suis joint à la cohorte des touristes américains qui débarquent en Europe au printemps, et, naturellement, je me suis rendu à Paris où j'ai rencontré la troupe française.

Il se pourrait par la suite que je me complaise un peu dans mes souvenirs. Hmm... je vieillis, mais ça m'est franchement égal. Ce sera surtout l'occasion d'être cruellement honnête avec vous, autant qu'avec moi-même. Comme je vous l'ai déjà dit, ça va être amusant !.. "


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