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Interview de Luigi Cozzi (page 7)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Luigi Cozzi (page 7)


Kinski a ensuite tourné le film Paganini, produit également par Augusto Caminito. Et vous, vous avez tourné le film Paganini Horror. C'était un clin d'oeil aux rapports avec Kinski ?

Non... non je ne me suis jamais disputé avec Kinski !

Aux rapports professionnels...

Non, Paganini Horror avait été écrit bien avant et Kinski voulait faire "son" Paganini depuis longtemps. Il n'y a aucun rapport !

Vous pouvez nous parler de ce film ?

Paganini Horror est un film étrange, fait en quatre semaines, avec très peu d'argent. Un film tourné avec pas mal de fantaisie, d'imagination. Plus un film fantastique que d'horreur.

Et votre dernier film, Le Chat noir d'après Edgar Poe ?

Le Chat noir n'est pas vraiment Le Chat noir de Poe, à savoir qu'à la base c'était un film d'horreur qui s'appelait De Profundis, une histoire sans aucun lien avec Poe, plutôt inspirée du Carrie de De Palma. Et puis Menahem Golan, l'ancien patron de la Cannon qui distribuait le film avec sa nouvelle boîte, la 21st Century, m'a dit : "Luigi, je devais faire une série de films d'après Poe, avec le producteur Harry Allan Towers. Mais on s'est engueulés et il ne veut plus faire le chat noir. J'ai décidé de prendre ton film et d'en faire Le Chat noir d'après Poe !" Je lui ai dit : "Mais qu'est-ce que je vais faire, j'ai déjà un script ?" Et lui : "Tu te débrouilles, ça doit être Le Chat noir !" Donc j'ai mis un chat noir qui se balade dans le décor...

Pour finir, nous aimerions connaître votre opinion sur le cinéma populaire italien, et son rapport au public. Quel type de postérité ce cinéma peut-il avoir selon vous ? Pensez-vous qu'on puisse en tourner de nouveaux, et dans quelles conditions ?


Mario Bava

Le cinéma populaire italien est très divers, avec du bon et du moins bon. Je pense que les meilleurs auteurs de ce cinéma, comme Mario Bava, Riccardo Freda, ou même Antonio Margheriti, vont rester, même si leurs films sont aujourd'hui datés. Mais ils ont des qualités, ils sont faits avec une vraie personnalité, un talent naïf, qui, je crois, va survivre au passage du temps... D'ailleurs beaucoup d'idées de films comme ça ont été reprises et retravaillées dans de gros films.

Et avec la domination du cinéma américain ?

Les Américains savent faire du cinéma très bien, surtout d'un point de vue industriel et commercial. Avec leurs circuits de distribution, ils ont la haute main sur le marché. Je pense qu'il est toujours possible que naissent des auteurs, dans un contexte divers, et bien sûr avec des films différents car le cinéma de jadis ne fonctionnerait plus aujourd'hui. C'est très difficile.


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