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Interview de Luigi Cozzi (page 3)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Luigi Cozzi (page 3)


Pourriez-vous nous parler de Salvatore Baccaro, qui apparaît brièvement dans votre film ? Il est toujours vivant ?


Non, je crois qu'il est mort il y a quelques années. Il fait presque de la figuration dans mon film. Le pauvre, il s'est retrouvé à l'hôpital par ma faute. Car sa scène a été tournée au sommet de l'Etna, et il faisait très froid dans les hauteurs. Et le pauvre a attrapé une pneumonie avec sa peau de bête. C'est pour ça qu'on le voit très peu dans le film. C'était un très brave type. Il s'impliquait dans ce qu'il faisait, il y croyait.

Après Starcrash, nous aimerions vous parler d'Hercule. Quelle a été votre relation de travail avec Cannon, qui n'était pas la compagnie de production la plus honnête qui soit ?


J'ai eu beaucoup de chance avec Cannon, car à l'époque c'était encore une petite boîte et mon film comptait beaucoup pour eux. J'étais donc un metteur en scène "important" et comme ils étaient contents du film, ils m'ont très bien traité. Après, j'ai continué à travailler pour eux, mais ils sont allés faire des gros films, avec Dustin Hoffmann, Chuck Norris, tous les grands... et nous, à leurs yeux, on est alors devenus "trash". Et les rapports avec la firme sont devenus beaucoup plus difficiles.


"...et nous, à leurs yeux, on est alors devenus "trash". Et les rapports avec la firme sont devenus beaucoup plus difficiles."

Ils avaient un peu honte ?

Oui, oui, voilà. Alors que, finalement, Hercule s'est avéré leur film le plus bénéficiaire.

Comment s'est passé le travail avec Lou Ferrigno ? Sa surdité n'a t-elle pas été un handicap trop difficile à gérer ?


Lou Ferrigno est complètement sourd. Il entend bien s'il met son appareil. Seulement, l'appareil est gros et il devait l'enlever quand on tournait. Cacher cet appareil était d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle il portait une perruque lorsqu'il tournait Hulk. C'était un problème car il ne pouvait pas entendre mes indications. Ceci dit, Lou tenait beaucoup à dire lui-même tous ses textes ! Il ne jouait pas mal, mais la Cannon a décidé que sa voix n'était pas assez belle, alors ils l'ont fait doubler quand même.


"Il ne jouait pas mal, mais la Cannon a décidé que sa voix n'était pas assez belle, alors ils l'ont fait doubler quand même."

Nous avons entendu dire qu'il n'était pas très apprécié de l'équipe du film, c'est vrai ?


Oh non, Lou Ferrigno est quelqu'un d'adorable. Son seul problème c'est qu'il suit un régime particulier. Quand on tournait Hercule, il voulait être le plus grand héros de péplum de tous les temps ! C'était un fan de Steve Reeves [NDLR : célèbre culturiste américain, l'un des plus illustres interprètes du rôle], mais il voulait être mieux que ça. Tenir ce rôle est une forme de consécration pour un culturiste. Donc il suivait un régime incroyable. Il se levait le matin à 4h et il faisait trois heures de sport avant de tourner.

Son problème était qu'à l'heure du déjeuner, sa pause durait trois heures. C'était un homme très imposant, mais avec un métabolisme lent. Quand j'ai compris, je me suis arrangé pour tourner avec les autres acteurs pendant sa pause.


"...Quand on tournait Hercule, il voulait être le plus grand héros de péplum de tous les temps !"

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