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Interview de Luigi Cozzi (page 2)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Luigi Cozzi (page 2)


On dit que le tournage a été assez long. Pouvez-vous nous en confirmer les dates de tournage ?

Nous avons commencé à tourner Starcrash en septembre 1977. Avant Noël, nous avons fini les prises de vues avec les acteurs. Puis nous avons tourné les effets spéciaux. Puis en mars 1978, les scènes avec Caroline et le Robot Elias, celles où ils apparaissaient tout seuls. Pour finir, nous avons continué de tourner les effets spéciaux jusqu'en septembre 78.

Il paraît que vous avez dû faire des compromis, car le producteur ne voulait pas donner un budget suffisant. Y-a-t-il des choses que vous n'avez pas pu tourner ?

Certes, nous avions un budget conséquent... mais tout est relatif. Par exemple, sur la planète des neiges. Cette planète devait être complètement couverte de volcans, avec la lave, le feu, etc. Et puis avec la nuit tout se gèle et même les volcans se recouvrent de glace. Mais quand on a tourné je me suis moi-même rendu compte que c'était trop compliqué, avec toutes les miniatures à faire. Alors nous avons tourné avec la seule neige en guise d'effets spéciaux.


" Certes, nous avions un budget conséquent... mais tout est relatif.."

N'avez-vous pas eu de conflit avec la production ? Des coupes dans le budget ?


Non. Simplement, au début, nous disposions d'un budget important pour ce que nous voulions faire, mais au fur et à mesure du tournage, la cagnotte s'épuisait rapidement. Trop rapidement. Quand je me rendais compte qu'il y aurait a priori un problème relatif au budget nécessaire à la réalisation d'une scène, je décidais moi-même de la modifier plutôt que de mal la faire. Je préférais renoncer à des idées si elles étaient trop difficiles et coûteuses à réaliser. Les problèmes avec la production sont venus simplement du fait de cette diminution des moyens. Par exemple, si vous voyez la partie du film, tournée au début, où figurent tous les acteurs : Marjoe Gortner, etc. tous les décors sont différents. Quand on a tourné à la fin, les scènes avec Caroline toute seule, on ne pouvait plus construire. Plus d'argent. Alors les scènes que vous voyez comme celle de la prison, hé bien, c'est le décor du Baron Zarth Arn ! On avait juste un peu modifié le décor. Le décor de l'astronef du début, c'est le même décor que le vaisseau de Caroline et Marjoe.

Quelle jugement portez-vous sur Starcrash, qui était un projet assez personnel ? Y-a-t-il un décalage entre vos intentions de départ et le résultat final ? Si c'était à refaire ?


Aujourd'hui, c'est sûr que la technique est plus avancée. Si on devait le refaire aujourd'hui, c'est sûr que ce serait techniquement plus vraisemblable. Mais la clé du film, c'est la féérie. Star Wars est un film où tout est réaliste, les astronefs, etc. Je suis allé dans une direction différente, beaucoup plus inspirée par la fantasy. Il y a beaucoup d'humour, aussi. Pas mal de jeu avec les codes du film de genre : le bon est très bon, le méchant est très méchant, comme dans les serials des années 40... Le Prince est bon, mais il est un peu bête... Il y a un humour dans toutes les situations. D'ailleurs, David Hasselhoff projette d'en faire un remake !


"D'ailleurs, David Hasselhoff projette d'en faire un remake !"

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