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Interview de Luigi Cozzi

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Luigi Cozzi


Luigi Cozzi est né en 1947 à Busto Arsizio (Italie). Cet artisan du cinéma populaire italien, ami et collaborateur de Dario Argento, auteur notamment de Starcrash et Hercule, deux fleurons du cinéma que nous aimons, a été au début de l'année 2004 la vedette d'une soirée en région parisienne, qui vit la projection en sa présence de son célèbre space-opera. M. Cozzi a pour l'occasion accepté de revenir sur sa carrière et de nous livrer son point de vue sur le cinéma bis italien.

Interview menée par Nikita et Zord


Pouvez vous nous parler de votre premier film ?

Mon premier film fut un film de science-fiction, en 1969, qui s'appelait Le Tunnel sous le monde. C'était un film expérimental, spécial, tourné à Milan, lorsque j'y habitais encore. Tout de suite après, je suis venu à Rome.

Et c'est à ce moment que vous avez rencontré Dario Argento ?

Oui, je l'ai connu presque aussitôt et il m'a fait travailler avec lui. Et cela s'est reproduit très souvent par la suite. D'ailleurs, même quand nous ne travaillons pas ensemble nous restons en contact. Encore aujourd'hui, je collabore à beaucoup de ses projets, ses films d'une part, mais aussi d'autres choses, comme la gestion du magasin Profondo Rosso, à Rome.

Vous avez écrit très tôt des scénarios pour Dario Argento, notamment Quatre mouches de velours gris. Vous jouiez aussi un rôle dans le film, non ?


Oui, j'apparais dans pas mal de plans, comme figurant, on me reconnaît si on me connaît. Bien sûr à l'époque j'étais différent, beaucoup plus mince ! (rires) Quand, par exemple, il y a l'enquêteur qui prend le métro, ou qui marche dans la rue, si on regarde au second plan, je suis présent. Nous, les figurants, on servait surtout à cacher les caméras qui étaient au fond du décor. Des trucs comme ça. Et puis, il y a un plan, très bref, où j'apparais tout seul. Quand à la fin du film le héros s'enferme dans la maison pour attendre l'assassin, on voit le voisin boiteux qui ouvre sa porte, puis on voit un passant qui traverse la rue en courant avec un manteau, et c'est moi qui fait le passant. Ce genre de choses...

Après votre premier film, vous avez fait un giallo (L'Assassino e costretto ad uccidere ancora), et puis un mélo (Dedicato ad una stella), une incursion hors du cinéma de genre. Aviez-vous toujours en tête de travailler dans ce type de cinéma ou vouliez-vous aussi travailler dans un cinéma plus classique ?

Non, j'ai toujours eu en tête de faire des films de science-fiction. Mais quand j'ai commencé dans le cinéma, ce genre n'était pas traité en Italie. Il était donc inutile de vouloir faire des films que personne ne voulait financer. J'ai voulu d'abord faire des films différents pour prouver que j'étais capable de tourner, et peut-être pouvoir ensuite proposer mes projets.


"...j'ai toujours eu en tête de faire des films de science-fiction."

Nous en arrivons à Starcrash. D'où est venu ce projet ? Pourquoi un film de SF, alors que vous nous avez dit que ce n'était pas la mode en Italie à cette époque ?


Je voulais faire un film de science-fiction. En 1977, j'avais déjà fait trois films comme réalisateur et je cherchais à concrétiser mon projet initial : un film de SF "normal", pas trop compliqué à faire. Je l'ai proposé à pas mal de monde à Rome, où j'avais à l'époque beaucoup de contacts. Mais personne n'était intéressé. Parmi les gens à qui je l'avais proposé, il y avait un producteur italien qui avait un partenaire à Paris, Nat Wachsberger, à qui il avait parlé du projet Starcrash sans m'en avertir. En mars 1977, Star Wars est sorti aux USA et a été un succès sensationnel. Nat Wachsberger était alors en Amérique et il s'est souvenu de mon projet : il s'est dépêché de rappeler son partenaire italien pour lui dire : "Tu avais un projet de science-fiction ? Ca m'intéresse !" Wachsberger était un personnage étrange, une sorte de citoyen du monde avec un triple passeport, français, belge et américain...


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