Accueil > Interviews > Interview de Henry Strzalkowski (page 3)

Interview de Henry Strzalkowski (page 3)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
liste des catégories

Henry Strzalkowski (page 3)


Il y avait toute une clique d'acteurs occidentaux à Manille (parmi lesquels Nick Nicholson, Romano Kristoff, Don Gordon, James Gaines, etc.) dont certains avaient fondé une sorte de troupe de comédiens appelée « Pigs in Space ». Etiez-vous proches d'eux et les voyez-vous toujours ?

Les « Pigs in Space », oui… Hé hé ! C'était une petite clique d'acteurs de cinéma expatriés qui ont vécu quelques aventures intéressantes. Souvenez-vous, la situation politique dans les années 80 était très instable, et ça a affecté tous ceux d'entre nous qui vivions ici. Quand a éclaté la révolution anti-Marcos, nous y avons pris part et avons été sous le feu de vraies armes, avec de vraies balles. Nous avons vu du vrai sang, pas du sirop de grenadine. Ca a créé entre nous un lien qui ne s'est pas brisé. Le nom de notre groupe venait d'un sketch du Muppet Show, qui était populaire dans les années 80. On fumait pas mal d'herbe à l'époque et si je me souviens bien, le nom du groupe est né durant une de ces soirées enfumées. A ce jour, je compte mes tout meilleurs amis parmi ce petit groupe de cinglés. Certains sont partis, d'autres restent, certains ont réussi dans d'autres sphères, d'autres non, mais nous restons amis malgré tout.

Nick Nicholson et Eric Hahn nous ont dit que le travail des cascadeurs, et plus généralement les conditions de tournage elles-mêmes, étaient souvent très risqués dans les films d'action philippins. Etes-vous d'accord, et avez-vous des souvenirs à ce sujet ?

Rappelez-vous que beaucoup d'entre nous avaient des formations bien différentes de celles de nos collègues à Hollywood : parfois nous étions plus intrépides que nous aurions dû l'être. Il y a eu des accidents, certains marrants, d'autres graves. On utilisait parfois de vraies balles, comme dans les vieux films. J'ai moi-même été brûlé par une explosion mal réglée. Rien de sérieux, mais ça m'a convaincu d'être un peu plus prudent. Vous avez sans doute entendu parler de certains accidents sur des tournages. La Cannon a perdu une partie de son équipe dans un accident d'hélicoptère sur un film de Chuck Norris. Heureusement, je n'ai jamais été blessé, ni moi ni mes amis qui avaient vécu suffisamment de temps en Asie pour faire attention à ce qui se passait autour d'eux.


Aux côtés de Robert Patrick, qui a débuté sur les tournages de Cirio H. Santiago avant de se faire connaître du grand public dans « Terminator 2 ».


Page précédente - - Page suivante

- Page 1 -- Page 2 -- Page 3 -- Page 4 -- Page 5 -
Retour vers les interviews