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Interview de Brigitte Lahaie (page 5)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Brigitte Lahaie (page 5)


Actuellement, on peut vous retrouver sur RMC, ou vous animez "Lahaie, l'amour et vous".

Absolument, je suis tous les jours à la radio, en direct pour aider les auditeurs à mieux vivre leur sexualité. C'est mon combat depuis le début, aider à ce que la sexualité soit mieux acceptée en France. Je l'ai d'abord revendiqué avec mon corps en faisant du X, aujourd'hui je me sers d'autres armes. J'écris aussi des livres, j'ai d'autres projets, d'autres activités plus ponctuelles, bref, je n'ai jamais autant travaillé de ma vie !

Vous vous faites plus discrète dans le cinéma. On vous a vu dernièrement dans "Calvaire" de Fabrice Du Welz. Pourquoi cette prise de distance avec le cinéma, alors qu'au début de votre carrière vous tourniez jusqu'à vingt films par an, bien que ce fût tout autre chose ?

J'ai longtemps voulu, espéré devenir une actrice à part entière mais le cinéma français me boude. Afin de me prouver que j'étais capable de jouer, je suis même montée sur les planches pour des spectacles de cabaret. Ce fut une expérience difficile mais constructive. Aujourd'hui, j'ai fait le deuil de ma carrière cinématographique. Je pense être une comédienne au moins aussi bonne que la plupart mais le désir n'est plus tout à fait là. En fait, j'ai été victime de mon physique, je crois que je suis faite pour jouer des rôles différents de ce qu'on aurait pu me proposer.

Y a-t-il une chance de vous revoir dans un grand rôle ?

Je ne dis pas non définitivement mais j'y mets certaines conditions. J'ai la chance aujourd'hui d'exercer un métier que j'aime, de bien gagner ma vie tout en restant extrêmement libre, et cette liberté j'y tiens plus que tout. Donc il faut que le jeu en vaille la chandelle. Un rôle qui m'aille, un metteur en scène qui me convienne. Bref, je réagis en star alors que je n'en suis pas une dans ce domaine donc c'est compliqué et il y a peu de chances en effet qu'on me voit à nouveau dans un grand rôle au cinéma.

De quel(s) film(s) êtes-vous la plus fière avec le recul ?

Sans aucun doute ma participation dans "Henry and June" de Phil Kaufman. Un tout petit petit rôle mais une grande rencontre. Il m'avait pris en sympathie et durant les six jours du tournage, je restais à ses côtés. Il m'expliquait pourquoi il faisait une prise supplémentaire par exemple. Et puis, je me souviendrai toute ma vie de son compliment le dernier jour du tournage. Il me compara à Jessica Lange qui était à l'époque ma comédienne préférée. Mais avec tout ce recul, je reconnais qu'il y a quelques films X dont je suis assez fière, comme par exemple "Je Suis à Prendre" de Francis Leroi ou "Indécence 1930" de Gérard Kikoïne.

Avec quelles personnes avez-vous le plus aimé travailler ?

Finalement, je dirais peut-être bien Jean Rollin mais j'aimais aussi les tournages avec Burd Trambaree.


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