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Interview de Antonio Margheriti (page 3)

Si nous aimons rire d'un certain cinéma déviant, nous sommes très loin de mépriser les hommes et les femmes qui s'y sont impliqués ou compromis. Il nous a ainsi paru enrichissant de faire raconter le nanar et son univers par les gens qui l'ont vécu de l'intérieur. La diversité des intervenants et de leurs réponses nous a rendu encore plus proches du cinéma que nous aimons : vous découvrirez, au fil des entretiens que ces différentes vedettes ont bien voulu nous accorder, des informations précieuses pour le cinéphile et le cinéphage, des anecdotes cocasses et, en esquisse, le portrait attachant de personnages souvent hauts en couleur.
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Antonio Margheriti (page 3)


E Dio disse a Caino (Et le vent apporta la violence, 1969) est un de vos meilleurs films. C'est un western qui emprunte beaucoup au genre fantastique.

Oui. Je voulais faire un film gothique. Il en existe à Londres une copie magnifique, en 70 mm son stéréophonique.

Le film a des accents viscontiens. Vous aimez beaucoup Luchino Visconti ?

Oui. Je ne lui arrive pas à la cheville, je ne suis qu'un petit-bourgeois.

On a souvent dit que vous changiez de style à chaque nouveau film, mais on constate cependant dans votre mise en scène une prédilection pour le baroque.

J'essaye de m'adapter au film. Je ne prétends pas avoir un style personnel, mais j'ai l'impression d'avoir toujours filmé comme on filme aujourd'hui avec la steadycam, lorsque la steadycam n'existait pas encore. J'ai toujours construit ma mise en scène et mon récit, sans rien laisser au hasard.

Vos films sont toujours au-dessus de la moyenne de la production commerciale.

Disons tout simplement qu'ils sont bien réalisés. Je ne pourrais pas travailler autrement. Il n'y a rien d'offensant à être un bon artisan. C'est une chose importante.

Vous aimez décrire des ambiances d'enfermement et d'autodestruction, comme dans un de vos films les plus personnels, Contronatura (1969).

Contronatura est un film à part dans ma carrière, que j'ai produit, écrit, imaginé moi-même. C'était une histoire étrange de spiritisme.

On retrouve des éléments fantastiques classiques dans Apocalisse domani, qui est pourtant un film gore. Le personnage que joue John Saxon possède une dimension de monstre romantique…

Je n'ai pas écrit ce film. C'est le travail d'un excellent scénariste, Dardano Sachetti, et cela m'a beaucoup plu quand je l'ai lu. Mais moins que Danza macabra. Je me souviens lorsque Sergio m'a demandé mon avis sur le scénario. C'était la plus belle chose que j'avais lue depuis des années. E dio disse a Caino est également une étape importante dans ma carrière. Contronatura aussi, un film en forme de jeu de société compliqué.

Même lorsque vous n'écrivez pas le scénario de vos films, vous leur apportez une touche personnelle...

Je me suis beaucoup amusé à mettre des personnages étranges et inquiétants dans mes films.


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