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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Auto-défense (film d') :





Film d'action ou polar, situé généralement (mais pas forcément) en milieu urbain et prônant les vertus du règlement immédiat de certains problèmes sociétaux par des citoyens usant de méthodes directes. Le héros du film d'auto-défense est généralement un citoyen lambda (ou un groupe de citoyens) qui, las de l'insécurité et de l'inertie des autorités, et en ayant souffert lui-même (viol et/ou meurtre d'une personne proche, incendie de sa maison), décide de prendre les devants et de se débarrasser lui-même de la vermine humaine, quitte pour cela à transgresser la loi. Ce type de film est voisin par le ton et l'ambiance de polar violents comme "L'Inspecteur Harry", mais le héros n'y est pas forcément un représentant de la loi (bien que des films de type "sécuritaire" puissent mettre en vedette des policiers fatigués d'obéir à des règles archaïques). La métamorphose de l'environnement urbain aidant, le genre connut divers avatars à partir des années 70, aux USA, en Italie et (plus modestement) en France.




Deux exemples de films "sécuritaires" italiens des années 1970.


Là, c'est une équipe de ménagères qui vient dérouiller les gangsters.


Charles Bronson, toujours vaillant à 67 ans.


Transposant certains codes du western dans un environnement contemporain, le film d'auto-défense connaît son plus grand succès avec "Un Justicier dans la ville" (Death wish, 1974), où Charles Bronson nettoie les rues à grand renfort de gros calibres. Menahem Golan produira dans les années 80 plusieurs suites à ce film, en accentuant la violence initiale de l'oeuvre. Robert Ginty, dans "Exterminator / Le droit de tuer", et surtout sa suite "Exterminator 2", se positionne en émule de Charles Bronson avec pour originalité l'introduction du lance-flammes, technique apprise au Vietnam. "Hellriders", bien qu'étant avant tout un film de bikers, se rattache par certains côtés au film d'auto-défense, dont il est un exemple campagnard. Dans les années 1980, le film d'auto-défense américain fut parfois assimilé au film d'action reaganien, mais il ne lui est nullement réductible.


Richard Harrison dans " Eliminator " : un héros de l'auto-défense nanarde


Même Robert Ginty s'y met !


Dans les années 1990-2000, l'évolution de moeurs urbaines ne s'inversant pas, le filon sécuritaire cesse progressivement d'être l'apanage de la seule série B et du film d'exploitation, et se confond volontiers avec le blockbuster et le film de super-héros ("Daredevil", "The Punisher").

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