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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Dinosaure :

Les dinosaures sont des reptiles qui ont régné sur Terre en des temps que les gens de 20 millions d'années ne peuvent pas connaître. Ces créatures ont, depuis bien longtemps, suscité un grand intérêt auprès des cinéastes.




Si les dinosaures de Steven Spielberg viennent de suite à l'esprit, on peut tout de même rappeler les origines préhistoriques de Godzilla ou encore que le dessin animé hyper populaire « L'Âge de Glace » raconte les mésaventures de quelques spécimens de cette espèce.On peut trouver un certain nombre de raisons de cet intérêt toujours d'actualité pour des bestioles qui ont disparu de la surface de notre planète.Premièrement, il faut dire qu'à leur époque, les Dinos, comme on aime les appeler, étaient les tauliers des lieux. Alors que l'Homme allait encore attendre bien des années avant de se terrer dans de sombres cavernes en bouffant le fruit de sa cueillette et en trépassant à même pas 25 ans, les Dinosaures gambadaient déjà fièrement dans les prairies et les forêts. Et l'Homme sait très bien que sans une foutue météorite, peut-être bien que le Dino régnerait toujours en maître et qu'aujourd'hui, c'est lui qui passerait ses journées à se polluer son mur facebook alors que nous serions en train de dessiner avec un caillou mal taillé notre journée sur les murs de la grotte de Lascaux... si tant est que nous soyons nés.




Une autre raison est qu'il faut bien avouer que le bestiaire du paléolithique est des plus impressionnants. Les espèces sont toutes aussi diverses que fascinantes.

Le Vélociraptor sera donc une créature agile et rapide, attaquant plutôt en groupe et dont les caractéristiques ne seront pas sans rappeler celle des Aliens de Ridley Scott (voire James Cameron).

Le Tyrannosaurus Rex s'imposera tant comme un monstre gigantesque dont la bestialité et la capacité destructrice rappellera quelques fameuses créatures japonaises.

Le Ptérodactyle sera alors le maître des airs où nul ne saura contester sa suprématie.

Le Tricératops fera parler sa force tel un incroyable Hulk et sera capable de percer n'importe quelle muraille ou faire valdinguer tout objet encombrant.

Ils sont tellement nombreux que le nombre de possibilité scénaristique est énorme. Pourquoi parler de Trolls, Ogres, Elfes, Harpies, Gorgones, Minotaures... qui n'ont jamais existé alors que ces créatures préhistoriques ont bel et bien existé et offrent des qualités qui n'ont pas grand chose à envier aux monstres d'heroic-fantasy ou mythologiques.



S'il est donc naturel que le cinéma se soit intéressé à ces Dinosaures, il faut tout de même bien dire que leur traitement est rarement optimal. Quand un amateur de nanar déniche un film de dinosaures qu'il ne connait pas dans un magasin d'occasion, il a toujours le même réflexe : il s’y intéresse grandement. Car, il sait qu'un film de Dinos est souvent source d'une grande nanardise. Pourquoi ?Encore une fois, plusieurs raisons peuvent être apportées à cette question. Celle qui semble la plus évidente est que les films de science-fiction fauchés voulant ressusciter ces créatures disparues ont parfois bien du mal à modéliser ces monstres. Entre production fauchée ou gros poil dans la main, le réalisateur possède énormément d'outils pour pondre des créatures qui ressemblent plus ou moins (ou vraiment vachement vachement) moins à de terribles lézards.- les dinos en pâte à modeler animés image par image en stop-motion, technique qui peut s'avérer très réussie avec des auteurs talentueux comme Willis O'Brien, Ray Harryhausen ou même à l'occasion de "La planète des dinosaures", nanar de série Z possédant tout de même des dinos extrêmement soignés à l'animation fluide qui reçurent malgré tout un lot de reproches alors que, pour l'époque, ces FX devaient bien être la seule vraie qualité du film, l'animation et le design se révèle un peu plus farfelus, voire limite (les FX de Brett Piper, qui possèdent cependant un charme et une sincérité assez touchants). Sinon on sombre dans le ridicule totalement bâclé, avec des dinos informes aux mouvements saccadés au point qu'on n'ose même plus appeler ça des mouvements (comme les créations d'Antonio Cervero pour "Dinosaur from the deep"). Cette technique demande une patience d'ange et une certaine passion dans ce que l'on fait, mais ne nécessite pour ainsi dire aucun budget conséquent.


Non ce n'est pas E.T, mais le tyrannosaure animé de la série télévisée "Land of the lost" (1974).


- l'animatronique et les créatures robotisées, en utilisant par exemple des moteurs hydrauliques ou des systèmes de rails. Technique qui peut donner des résultats très concluants comme dans les films de Kevin Connor. Rappelez-vous du ptérodactyle plus vrai que nature du "Continent Oublié". Cependant, par manque de budget, on peut avoir des rendus un peu plus statiques et moins crédibles ("Yor le chasseur du futur"). Une technique qui nécessite donc tout de même de s'y connaitre un minimum en bricolage.


Le raptor de "Futur war" (1997), qui a un peu la grosse tête.


-le lézard agrandi par travelling mattes et autres effets d'optique, technique très simple : on prend un varan et un iguane, on les maquille en leur collant des fausses cornes et des crêtes dorsales, on les affame pendant des jours, on les place dans un décor miniature en carton-pâte et, afin qu'ils ne s'endorment pas à cause de la chaleur des projecteurs, on les soumet à des électrochocs pour pousser nos deux reptiles à s'entretuer devant la caméra ! Seul inconvénient : on risque d'avoir des problèmes avec la SPA. C'est pourquoi, à partir de 1940, toutes les bisseries ayant recours à cette technique, utilisent en fait des stock-shots du film "One million B.C" alias "Tumak fils de la jungle" (1940), record movie U.S du nombre d'animaux massacrés, dont toutes les scènes de FX ont été utilisées et réutilisées sur des dizaines d'autres films durant les quatre décennies suivantes (ex : "Robot monster").


Gaussons-nous avec le MST3K devant un énième recyclage de cette séquence de "One million B.C".


-Le comédien dans un costume caoutchouteux, technique japonaise (Godzilla) mais pas uniquement (il y en avait déjà dans "One million B.C, encore lui). Peu coûteux, nécessite tout de même les services d'un acteur costaud car ce type de costume est très lourd. Le corps humain n'ayant pas la même morphologie que celui des dinosaures, le déguisement ne sera pas très réaliste et peut facilement virer au nanar pour peu que le design soit particulièrement mal conçu.


Les cératosaures montés sur échasses (oui oui) de "L'ile inconnue" (1948), un des rares films de ce genre tourné en décors naturels, ce qui fait que lorsque les dinos apparaissent devant un (vrai) arbre, celui-ci parait gigantesque... ou plutôt ce sont les dinosaures qui paraissent petits.



- La marionnette à main (ou chaussette), technique des plus rudimentaire : prenez un gant de cuisine, customisez-le avec des faux yeux et des fausses dents en papier, glissez votre main à l'intérieur, allumez votre caméra et faites "Grrraaoouu !", l'illusion sera parfaite.



Coucou les pitits gnenfants ! C'est moi, la chaussette dentée de "Terror of prehistoric bloody creatures from space" aka "Jurassic Trash" (1998).


-Pour les plus pressés, il y a encore plus rudimentaire : le jouet pour enfant en plastique secoué devant la caméra. Ne reste plus qu'à rajouter des rugissements piqués à un documentaire sur les lions et le public n'y verra que du feu.


Le T-rex d'un réalisme saisissant de "One million AC/DC" (1969).


-le CGI, incontestablement l'effet spécial le plus laid. Aucun charme, très répandu à l'époque actuelle depuis que n'importe qui peut faire ses FX en image de synthèse avec son ordi, il suffit que la bestiole soit bâclée, ne serait-ce qu'un chouia, pour nous entraîner aux confins de l'horreur et nous aveugler par une bouillie de pixels absolument immonde (souvenirs pénibles des vélociraptors de "Raptor Island" qui ressemblent plus à des bâtons qu'à autre chose). N'est pas magicien d'ILM qui veut.


Cette chose est sensée être un redoutable ptéranodon du film "Pterodactyles" (2005).


Ainsi, les Dinosaures ci-dessous sont le fruit de quelques-unes de ces techniques et ont grandement contribué à avoir les films où on les trouve chroniqué sur ce site.



De plus, qui dit nanar à dinosaures dit scénar en or. Parfois, la simple trame scénaristique suffit à faire un excellent nanar à elle seule. C'est bien beau de vouloir croiser deux espèces qui n'ont pas vécu dans une même ère, toujours faut il le justifier efficacement. Si Spielberg s'en tire pas trop mal avec son histoire de moustique fossilisé qui servirait à un clonage de femelle, certains autres s'en sont beaucoup moins bien sortis.Dans "Attack of the Super Monsters", les dinosaures se seraient cachés au centre de la Terre et continuaient leur évolution. Ils auraient ainsi appris à parler et à jeter des rayons lasers avec leurs yeux. Et c'est en 1982 qu'ils décidèrent qu'ils avaient assez attendu et qu'il était temps de reconquérir la Terre.Dans "La Planète des Dinosaures", une navette humaine s'écrase sur une planète inconnue et pas de chance, cette planète est remplie des mêmes créatures qui ont régné sur Terre y a de ça des millénaires. C'est quand même pas de bol. Quelle était la probabilité de trouver une planète qui serait habité par exactement les mêmes créatures qui se sont éteintes sur la nôtre ?Dans "Carnosaur", bah les dinosaures... ils viennent d'un œuf de poule.Il est toujours compliqué d'expliquer la rencontre improbable entre l'Homme et cet animal d'un autre temps. Surtout que, lorsqu'un film a établi un scénario, il est difficile d'en reprendre un trop similaire de peur de se faire attaquer de plagiat. Ainsi, l'intérêt nanardesque du film de dinosaures peut parfois uniquement se justifiait par sa trame qui fait tellement dans le n'importe-quoi qu'elle en devient jouissive.



Bien qu'ils aient disparu depuis bien longtemps, les dinosaures ont certainement encore de très beaux jours devant lui. Si l'évolution des techniques et de la technologie tend à donner de plus en plus de réalisme à ces créatures filmiques, il reste encore de nos jours des producteurs cupides ou des réalisateurs fainéants pour nous offrir des créatures sortant de l'ordinaire et qui feront le bonheur de tout nanardeur.
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