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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Code Hays :

(ou : Hays Code, Production Code)

Nom générique désignant un "code de bonne conduite" instauré dans les années 1930 pour réguler le contenu des films aux Etats-Unis. Plusieurs scandales à Hollywood au début des années 1920 (inculpation pour meurtre et viol du comique Fatty Arbuckle; meurtre du réalisateur William Desmond Taylor et révélations sur sa vie dissolue; mort par overdose du comédien Wallace Reid), donnèrent aux médias et aux groupes de pression moralistes l'occasion de dénoncer le milieu du cinéma comme un temple de la débauche la plus effrénée, et sa production comme devant être étroitement surveillée. La Motion Pictures Producers and Distributors Association, ou MPPDA (plus tard rebaptisée Motion Picture Association of America, ou MPAA), organisme regroupant les grands studios hollywoodiens, fut alors créée pour donner une bonne image de la production cinématographique; William Harrison Hays, ancien ministre des postes, en devint le responsable. Durant ses premières années d'existence, la MPPDA se montra relativement inefficace pour instaurer la censure dans le contenu des films; en 1930, enfin, fut officiellement instauré le "Production Code", plus connu sous le nom de "Hays Code", du nom de son principal inspirateur. A partir de 1934, la MPPDA obtint de soumettre chaque film à son approbation préalable avant toute distribution commerciale, instaurant de fait un état de censure permanente sur le cinéma américain. Etaient interdits, déconseillés ou fortement régulés : toute sexualité explicite (voire implicite), sans parler de l'homosexualité, dont la seule mention était impensable; toute représentation défavorable de symboles patriotiques; l'adultère (qui devait être explicitement condamné); la drogue; la violence excessive; le métissage; la vulgarité (y compris des jurons fort tièdes comme "hell" ou "damn"), etc. La fameuse réplique de Clark Gable dans "Autant en emporte le vent", "I don't give a damn", causa ainsi une véritable sensation. Si cette pudibonderie excessive, aboutissant fréquemment au caviardage des films qui ne s'étaient pas suffisamment autocensurés, n'eut pas de conséquence sur l'âge d'or commercial de Hollywood, elle eut pour effet de nombreuses représentations aujourd'hui hilarantes, comme des époux dormant dans des lits séparés. Pour la petite histoire, Hays, qui demeura à la tête de l'organisme jusqu'en 1945, avait apparemment une sorte d'obsession fétichiste pour les nombrils des femmes, dont toute représentation était traquée sans pitié.



Le joyeux drille Will H. Hays.

A partir des années 1950, les cinéastes tendirent de plus en plus à défier le Code Hays, à la fois par lassitude devant le moralisme insipide qui leur était imposé et pour introduire des éléments racoleurs, destinés à attirer un public que la télévision commençait à leur disputer. L'un des adversaires les plus vigoureux et prestigieux de la censure fut le réalisateur Otto Preminger, qui parvint en 1955, grâce au succès de son film "L'Homme au bras d'or" (où Frank Sinatra interprétait le rôle d'un drogué), à obtenir un amendement du Code et l'autorisation de sujets liés à la toxicomanie. L'arrivée de Jack Valenti à la tête de la MPAA porta le coup fatal à un Code Hays devenu obsolète : en 1968, le Production Code fut abandonné pour laisser place au système de labels de la MPAA, toujours en vigueur aujourd'hui et déterminant simplement la tranche d'âge de spectateurs susceptibles de voir le film.
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