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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Cine Excel :



Cine Excel Entertainment est une compagnie de production américaine fondée en 1987 et dirigée par David Huey. La firme se distingue en produisant des films de genre (action, science-fiction, horreur...) aux budgets minuscules, généralement inférieur au million de dollars.



L'amateurisme enthousiaste de la firme, sa manie de copier systématiquement les blockbusters du moment, sa foi inébranlable dans le succès de films au budget (et à la qualité) plus que serrés, son bataillon d'acteurs récurrents assaisonné de demi-stars ou de has-been pour faire bien sur l'affiche et ses techniques de production parfois aux frontières de l'arnaque, tous ces éléments forment un mélange nanarement explosif qui concourt à faire de Cine Excel l'héritière des Marius Lesoeur et consorts, la véritable Eurociné du 21e siècle. Nanarland compte déjà de nombreux fans de "Vampire Assassin", "SWAT : Warhead One", "Power Elite", ou encore "Capital Punishment". Si l'on peut en croire les bandes-annonces disponibles sur leur site, l'avenir de Cine Excel s'annonce des plus radieux avec des titres aussi évocateurs que "Internetrix", "Reptilicant" ou encore "The Da Vinci Curse". Malgré son manque de moyens, Cine Excel mise beaucoup sur les effets spéciaux et a recours à des images de synthèse de basse qualité, semblant extraites telles quelles d'un jeu vidéo, pour figurer explosions, avions, hélicoptères ou monstres géants.

Les films Cine Excel se signalent notamment par :

- l'utilisation récurrente de certains lieux et décors, en particulier un entrepôt rempli de cartons vides qu'on retrouve fréquemment deux ou trois fois par film.

- le partage de plans, voire de scènes entières d'un film à l'autre. "American Streetfighter 2" est ainsi un véritable Deux en un, mélange de "Full Impact" et de "American Streetfighter 1", tandis que "Future War" emprunte tout son générique de début à "Hyper-Space".

- des scénarios souvent réécrits moult fois en cours de tournage, voire de post-production, avec l'adjonction de narrations en voix off pour combler les trous du récit. Le film où cette technique est la plus évidente est "SWAT : Warhead One" où les circonvolutions parfaitement inutiles du scénario servent en fait de prétexte pour recaser des rushs sans rapport ou encore des bouts de métrage tirés d'autres films afin d'atteindre les 90 minutes réglementaires. Autre exemple emblématique, au générique de fin de "Future War", David Huey et Dave Eddy sont crédités comme la "Damage Control Team", littéralement "l'équipe de sauvetage des meubles". Devant le produit catastrophique livré par le réalisateur, l'équipe de production avait en effet repris les choses en main pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être, avec un résultat final aussi éloigné de l'idée de départ qu'on peut l'imaginer.

- par des génériques exceptionnellement longs, qui tentent de faire croire au spectateur qu'il va voir une superproduction, en créditant la moitié de la Terre.



Les liens de Cine Excel avec le nanar du siècle dernier ne s'arrêtent pas à leurs méthodes de production. Le producteur sino-philippin K.Y.Lim, patron de Kinavesa et pourvoyeur d'innombrables films de mercenaires dont certains sont chroniqués sur le site ("Les Massacreurs", "Laser Force"...), semble en effet avoir été à une certaine époque l'un des principaux actionnaires et financiers de la compagnie. Cine Excel possède d'ailleurs aujourd'hui les droits de l'essentiel des films du catalogue Kinavesa , dont certain ont été réédités en DVD. Les films de Cine Excel, destinés en priorité aux chaînes câblées américaines, ne sont pas tous sortis en DVD et demeurent difficiles à se procurer en France. Seuls "SWAT : Warhead One", "Power Elite" et le plus ancien "Capital Punishment" semblent avoir été édités chez nous à ce jour (on les trouve parfois dans les bacs à soldes des hypermarchés), pour les autres, il faut aller voir du côté des sites de vente en ligne américains. Attention toutefois aux "faux" Cine Excel : la firme édite en effet également un certain nombre de films qu'elle n'a pas produits, généralement des films d'horreur à tout petit budget, plus proches du film amateur qu'autre chose et d'un très faible intérêt nanar.

Les films de Cine Excel chroniqués sur Nanarland :

"Capital Punishment"
"Future War"
"Pocket Ninjas"
"Power Elite"
"Reptilicant"
"SWAT : Warhead One"
"Vampire Assassin"
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