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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Cannibale :

Vocable désignant une peuplade mangeant de la chair humaine.

Elément assez classique des récits d'aventures, les cannibales deviennent dans les années 1970 le nouvel ingrédient à la mode du cinéma d'exploitation, grâce notamment aux films de Ruggero Deodato, "Le Dernier monde cannibale" et surtout "Cannibal Holocaust". Prétexte à des débordements ultra-gores, les rituels sanglants des anthropophages de la jungle amazonienne sont mis en scène comme un concours de mangeurs de hamburgers à la foire à la bidoche. On assiste ainsi à la confusion des notions de cannibales (peuplades anciennes pratiquant la consommation de chair humaine comme un rituel sacré) et d'anthropophages (terme plus générique désignant tout individu, pas forcément humain lui-même, qui consomme de la chair humaine) : les cannibales nanars se jettent sur la viande et la consomment crue et sur place avec des grimaces d'ivrogne, alors que la victime est généralement encore vivante. Y'en a partout, c'est dégueulasse, ils mangent vraiment comme des porcs.


L'idée étant reprise à la volée par tous les plagiaires, le sous-genre du "film de cannibales" va faire florès jusqu'au début des années 1980, avec tous les débordements nanardesques imaginables. Là où Deodato apportait un certain soin à ses effets spéciaux et à ses lieux de tournage, les cannibales nanars évoluent dans une jungle ressemblant au bois de Vincennes et sont interprétés par des figurants ethniquement très bigarrés, cachant à peine leur hilarité lors des scènes de danses rituelles.

Reste une série de films qui comptent leurs aficionados et témoignent de la mode du cinéma gore dans les années 80 comme parfois de la surenchère à laquelle se livrèrent certains des pires tâcherons du globe.



On distinguera des cannibales amazoniens, les cannibales de type occidental. Souvent dépeints comme des "rednecks" dégénérés, ils sont un élément récurrent du film d'horreur post-"Massacre à la tronçonneuse" et du slasher-movie.
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