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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Blaxploitation ou Blacksploitation :



Terme désignant une catégorie de films, datés généralement de la première moitié des années 1970, et mettant en vedette des héros noirs. La blaxploitation fit suite aux mouvements d'émancipation des Noirs américains, et mit en valeur des personnages généralement éloignés des noirs "trop parfaits" tels qu'avait pu les incarner Sidney Poitier dans la décennie précédente. Le flic violent Shaft, le karatéka Black Belt Jones sont des héros souvent amoraux, en phase avec une époque cynique. La blaxploitation fut une mode essentiellement américaine, mais elle fut reprise dans des films originaires d'autres pays, comme "T.N.T. Jackson", du philippin Cirio H. Santiago. A noter que, si certains réalisateurs qui s'illustrèrent dans cette mode étaient bien noirs (comme Gordon Parks), d'autres cinéastes spécialisés dans la blaxploitation étaient tout ce qu'il y a de plus blancs (Jack Hill).



Généralement agrémentées de bandes originales branchées, dont certaines devaient mal vieillir tandis que d'autres ont aujourd'hui plus d'intérêt que les films, les oeuvres de la blaxploitation sont pour la plupart des séries B sans prétention artistique, comportant des doses plus ou moins fortes de violence et de sexe. Ces films à petit budget, sans acteurs connus, servirent cependant de tremplin aux carrières de comédiens comme Pam Grier, Jim Kelly, Fred Williamson, Jim Brown ou Richard Roundtree. La blaxploitation, comme son nom l'indique, n'échappe pas à l'ornière du cinéma d'exploitation et dérape fréquemment dans le grotesque et le nanar à force de manque d'ambition et de clichés sur des héros noirs forcément cools, sans complexes, et se tapant à l'occasion toutes les femmes blanches qu'ils veulent. (Prétexte à plans nichon et autres éléments racoleurs bien putassiers).











A force de vouloir à tout prix "ethniciser" les genres cinématographiques (on vit un Dracula noir, un Frankenstein noir, un Exorciste noir...), le genre finit par passer de mode, la présence d'acteurs noirs comme protagonistes étant par ailleurs devenue très ordinaire. L'intérêt pour les années 1970 a valu à cette mode un peu kitsch un certain revival : la parodie "I'm gonna git you sucka" (1989) en fut le premier signe, comme la présence de Pam Grier et Jim Brown dans "Mars attacks!" (1997) et surtout "Jackie Brown", avec Pam Grier.



Parmi les films de blaxploitation modernes, citons par exemple "Vampiyaz" (prononcer "Vam-paï-yeuz"). Avec son orthographe copiant l'argot jusqu'à la caricature (l'accroche est "Brothaz in blood"), le titre est dans la droite lignée de ses prédécesseurs. Ce qui est parfaitement stupide, car le film, bien que médiocre, réussit pourtant à éviter la plupart des clichés sur les Noirs dans le ghetto.



Voir également : Quota ethnique
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