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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Pseudonyme :

"Dénomination choisie par une personne pour masquer son identité : Molière, Voltaire sont des pseudonymes." (Petit Robert)

Le pseudonyme est d'usage très courant dans le monde du cinéma, pour se substituer à des noms imprononçables (Issur Danielovitch = Kirk Douglas), peu glamour (Alexander-Archibald Leach = Cary Grant) ethniquement trop marqués (Joseph Levitch=Jerry Lewis) ou déjà pris ailleurs (Stewart Granger s'appelait en réalité James Stewart).


Terence Hill et Bud Spencer (Mario Girotti et Carlo Pedersoli).


Le pseudonyme se caractérise, dans l'univers du nanar, par une volonté trop marquée d'"américaniser le produit" : dans le cinéma bis italien, à partir des années 1960, le pseudonyme devient une règle d'or, notamment en ce qui concerne le péplum et le western spaghetti. Adriano Bellini devient Kirk Morris, Giuliano Gemma Montgomery Wood, Gian Maria Volonté est rebaptisé John Wood le temps de tourner "Pour une poignée de dollars". Certains comédiens feront toute leur carrière sous leur pseudonyme américanisé : c'est le cas de Terence Hill et Bud Spencer mais aussi de George Eastman (Luigi Montefiori) ou d'Al Cliver (Pier Luigi Conti)


Conrad Nichols (Luigi Mezzanotte) dans "Thor le guerrier".


Certains réalisateurs nanars se distinguent par leur capacité à multiplier les pseudonymes, que ce soit pour signer les films ou pour composer à eux seuls la moitié de l'équipe technique.

Citons :

- L'italien Joe D'Amato (de son vrai nom Aristide Massacesi), alias Steve Benson, Hugo Clevero, David Hills, Kevin Mancuso, Peter Newton, Michael Wotruba, Robert Yip, Zak Roberts, George Hudson, Federico Slonisko, Gerry Lively, Igor Horwess...

- Le chinois Godfrey Ho (Ho Chi Keung) alias Godfrey Hall, Zhi Jiang He, Benny Ho, Chi-Mou Ho, Chun-Sing Ho, Charles Lee, Stanley Chan, George King, Bruce Lambert, Victor Sears, Tommy Cheung, Tommy Cheng, Tommy Leung, Charles Lee, Alton Cheung, York Lam... A noter cependant que l'intéressé nie avoir utilisé la plupart de ces pseudonymes, mais le doute demeure.

- L'espagnol Jesus Franco alias Jess Franco, Adolf M. Frank, Jeff Frank, Wolfgang Frank, James Gardner, Manfred Gregor, Jack Griffin, Lennie Hayden, Clifford Brown, David Kuhne, James P. Johnson, Frank Hollmann, A.L. Mariaux, Cole Polly...


Jesus Franco.


La multiplicité des pseudonymes de Franco amènera même quelques confusions : l'homme étant également compositeur, et certaines musiques de ses films étant signées Daniel White, d'aucuns prendront longtemps Daniel White pour l'un des pseudonymes de Jesus Franco. Or, White existait vraiment : il composait notamment des musiques pour les émissions de la télévision française.

Voir également : Alan Smithee.
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