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Le glossaire de nanarland

Pitch, 2 en 1, Nudie, Rape and Revenge, Nanar volontaire, Kaiju Eiga, nous nous sommes rendu compte que les termes employés frisaient parfois le jargon. Pas question de déconcerter le néophyte : le nanar, comme tout objet d'étude, mérite d'avoir un vocabulaire accessible et clairement défini.
Grâce à ce lexique, vous pourrez saisir le jargon de la cinéphilie pointue et/ou décadente, mais aussi découvrir ou approfondir votre science du monde fantastique du mauvais film symathique.
Voici donc pour la première fois au monde le glossaire nanar, simple, évolutif, et richement illustré.

Le glossaire nanarland

Réalisateur nanar :

Cinéaste dont la filmographie est composée d'un certain nombre, d'une forte proportion, voire uniquement de nanars.

Il convient de nuancer cette définition, car elle englobe :

1) Des artisans indépendants ayant oeuvré dans un contexte étranger à toute ambition artistique et dont les films paraissent aujourd'hui atrocement désuets, comme le réalisateur-producteur français Emile Couzinet (également restaurateur et propriétaire de casino), qui se fit en Gironde le spécialiste de comédies à destination, selon ses propres termes, des travailleurs et de la ménagère, visant essentiellement un public provincial. Il est aujourd'hui considéré comme le grand ancêtre du nanar à la française.

Emile Couzinet.

2) Des réalisateurs tout à fait professionnels mais ayant travaillé dans un système productif qui les conduisit à oeuvrer essentiellement dans le cinéma bis : les italiens Enzo G. Castellari ou Anthony M. Dawson (Antonio Margheriti) correspondent à cette définition.

Joe D'Amato.

Albert Pyun.

3) Des réalisateurs éventuellement capables d'un point de vue technique mais dont l'inintérêt pour ce qu'ils tournaient, le mauvais goût, voire la malhonnêteté envers le public les conduisirent à proposer à peu près n'importe quoi sur grand écran : l'italien Bruno Mattei ou le chinois de Hong Kong Godfrey Ho correspondent à cette catégorie.

Godfrey Ho, content de lui (photo hkcinemagic.com).

4) D'authentiques originaux, plus ou moins bien insérés dans le système productif de leur pays d'origine, et dont la passion pour le cinéma ne s'accompagna pas d'une compétence professionnelle à sa mesure : si l'Américain Ed Wood est le symbole de cette sous-catégorie, on peut également citer, dans une moindre mesure, le Français Jean-Marie Pallardy. L'un des cas les plus extrêmes est sans doute celui de l'américain Andy Milligan, réalisateur de films horrifiques malsains et personnage bien plus inquiétant que Wood, et dont la vie privée (marginalité sociale, perversion homosexuelle, entourage composé d'"artistes" cintrés et de gigolos drogués) égalait l'univers professionnel (tournages hystériques émaillés de violences infligées aux acteurs, films tourmentés et souvent irregardables destinés aux cinémas de quartier les plus glauques de la 42ème rue new-yorkaise). Exploité sans vergogne par ses distributeurs et producteurs, Milligan mourut du Sida et dans la dèche. Certains de ses films furent purement et simplement détruits par les distributeurs une fois leur exploitation achevée ! D'autres furent ensuite réédités en grande pompe en DVD, comme symboles du cinéma d'exploitation le plus taré.

Ed Wood.

Andy Milligan.

Les quatre sous-catégories suscitées peuvent bien sûr être nuancées, et bien des cas de figure de cinéastes se situent à la croisée des chemins. Car le nanar, comme le cinéma par ailleurs, suit des chemins multiples et fluctuants que la logique et la raison ignorent !


Max Pécas.

Le réalisateur nanar peut éventuellement être fort bien inséré dans un système de production, et ne pas connaître le destin tragique d'un Ed Wood, qui mourut pauvre et alcoolique. Max Pécas rappelait volontiers qu'il était l'un des seuls cinéastes français à n'avoir jamais pointé à l'ANPE-Spectacle!

Voir également : Producteur nanar.
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