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Umberto Lenzi

Umberto Lenzi

Biographie


Umberto Lenzi au festival de Sitges en 2008.


Umberto Lenzi fait partie de ces nombreux réalisateurs italiens qui ont oeuvré avec une belle constance dans le cinéma populaire dit « de genre », à l'instar de ses collègues Antonio Margheriti, Alfonso Brescia, Sergio Martino, Ruggero Deodato et bien d'autres. Pas aussi réputé qu'un Mario Bava ou un Dario Argento, dont il n'égalera jamais le style baroque, moins intéressant qu'un Lucio Fulci ou un Enzo G. Castellari, mais bien moins brouillon qu'un Bruno Mattei ou qu'un Claudio Fragasso, on s'autorisera à considérer qu'il ne fut ni le meilleur, ni le pire, même s'il se révéla ponctuellement capables des deux. Umberto Lenzi a en effet prouvé au cours de sa carrière qu'il était un artisan solide, capable selon les genres et les budgets de livrer quelques chouettes films, mais aussi de tristes navets et quelques beaux nanars.



Né en 1931 à Massa Marittima, une petit ville de Toscane, le jeune Umberto n'est pas emballé à l'idée de reprendre la boucherie familiale et se destine très tôt au cinéma. « Dans la vie de province, les perspectives étaient limitées : il y avait ceux qui passaient leurs journées à la mer et ceux qui passaient leurs journées au bar. Moi je préférais le cinéma. » Avec deux amis il crée un ciné-club, organise des projections et des débats. Leur première séance est consacrée à Païsa de Roberto Rossellini, mais les réalisateurs soviétiques - qu'Umberto admire - sont aussi mis à l'honneur : Pudovkin, Vertov, Eisenstein…


Umberto Lenzi, à droite.


Après des études de droit pour assurer ses arrières et rassurer ses parents, le jeune homme se consacre ensuite logiquement à des études de cinéma (il sortira diplômé du Centre expérimental de cinéma de Rome), sous l'influence du néoréalisme, en vogue dans l'Italie d'après-guerre mais dont le courant est en train de retomber. « J'étais secrètement attiré par le cinéma américain, mais comment le clamer haut et fort ? A l'époque le néoréalisme c'était la Bible ! » Il fourbit ainsi ses premières armes comme metteur en scène en signant à 25 ans un court-métrage intitulé I ragazzi di Trastevere (1956), une histoire d'inspiration pasolinienne sur un groupe de jeunes d'un quartier populaire de Rome. Deux ans plus tard, il tourne en Grèce Mia Italida stin Ellada (1958), comédie restée inédite en salles faute d'avoir su convaincre un distributeur (il existe néanmoins une édition DVD grecque), puis se fait embaucher comme assistant-réalisateur sur plusieurs films, notamment La Terreur des mers (1961) de Domenico Paolella, avant de voir enfin sortir son premier film en tant que metteur en scène avec Mary la rousse, femme pirate (1961).



Sa carrière lancée, Umberto Lenzi va dès lors enchaîner un grand nombre de films, suivant tous inévitablement les genres alors plébiscités par le public. Dans la première moitié des années 60 viendront d'abord les peplums et les films de cape et d'épée (L'invincible cavalier masqué, Maciste contre Zorro, Hercule contre les mercenaires), quelques fresques historiques (Catherine de Russie, qui semble chercher à profiter de l'énorme succès de la trilogie Sissi), des films de pirates (Sandokan, le tigre de Bornéo et Les Pirates de la Malaisie, tous deux avec Steve Reeves, Le Temple de l'éléphant blanc) et autres films d'aventures en terres exotiques (Les Trois sergents de Fort Madras alias Les Trois sergents du Bengale, et L'Homme du Bengale, avec en vedette notre chouchou Richard Harrison). Umberto Lenzi a t-il choisi de faire exclusivement du cinéma de genre, ou bien y a t-il été contraint par manque d'opportunités ? On pencherait plutôt pour la deuxième hypothèse, bien que le réalisateur s'en défende. « J'ai choisi de faire du cinéma de genre car les films sérieux m'ennuient, et qu'à mon avis les gens vont au cinéma pour rire ou pleurer, pas pour dormir. »



Richard Harrison cite volontiers L'Homme du Bengale (La montagna di luce, une sorte d'Indiana Jones avant l'heure) comme « l'un des rares bons films » qu'il ait faits, et dit conserver d'excellents souvenirs de Lenzi, qu'il va jusqu'à présenter comme un des seuls réalisateurs avec lesquels il ait vraiment sympathisé. Il décrit cependant quelqu'un de très fier, parfois caractériel, qui criait beaucoup sur les tournages. « Il hurlait tout le temps, sans arrêt, pour ou un oui ou pour un non. Du coup, pour détendre l'atmosphère sur le plateau, je m'amusais à le singer en hurlant comme un dément pour réclamer tout et n'importe quoi. »





On ne sait pas quels souvenirs Lenzi gardait de Richard Harrison, en revanche il n'a pas épargné Steve Reeves en interview. « Il avait un physique à tomber par terre. Mais il aurait été plus facile pour lui d'interpréter un âne. Steve jouait comme un automate. Il était marié à une femme de la noblesse polonaise qui lui tenait lieu d'agent, et comme il avait tourné la série des Hercule, elle a réussi à obtenir des producteurs un cachet de 150 000 $ pour que Steve joue dans mon film. C'est une somme énorme pour l'époque, mais le premier Sandokan a rapporté 900 millions de lires. » [Nanarland : environ 550 000 $ de l'époque]



En bon réalisateur de commande, la filmographie de Lenzi se poursuit au gré des modes. Le succès colossal de James Bond l'amène ainsi à braconner sur les terres de l'agent 007, dont il émule très mollement la formule (les films d'espionnage Suspense au Caire pour A008, Super 7 appelle le sphinx, Des fleurs pour un espion et Un million de dollars pour 7 assassinats, qui ont tous très mal vieilli et dont l'indéniable charme 60's demeure a posteriori le seul intérêt). Il tâte aussi du western, sans originalité mais avec déjà un peu plus d'inspiration (Gringo joue et gagne, Pistolets pour un massacre alias La Malle de San Antonio). Mais c'est à l'approche des années 1970 qu'il va œuvrer dans ce qui deviendra ses genres de prédilection.







Incursion dans l'univers de la bande-dessinée avec ce « Kriminal », anti-héros populaire des « Fumetti neri » (à l'instar des Diabolik, Satanik et autres autres Sadik) que Lenzi adapte pour le grand écran en 1966.



L'efficace « Pistolets pour un massacre / La Malle de San Antonio » (1968), avec le charismatique Karl Hirenbach, alias Peter Lee Lawrence. Un acteur allemand héros de près d'une trentaine de westerns, mort à même pas trente ans.


Il y a d'abord les films de guerre, portant essentiellement sur différents aspects du conflit de 39-45. Les Chiens verts du désert (1967), La Légion des damnés (1969), La Grande bataille (1978), De l'enfer à la victoire (1979)… Ces films co-produits avec plusieurs pays européens bénéficient de moyens certes modestes par rapport aux mammouths hollywoodiens, mais ils affichent de belles ambitions, avec des castings prestigieux, et font de belles carrière en salle. Signe qui ne trompe pas : ils feront partie des rares films que Lenzi, une fois à la retraite, évoquera avec fierté.


« La Grande bataille » (1978) avec au casting John Huston, Henri Fonda, Giuliano Gemma, Stacy Keach, Ray Lovelock, Helmut Berger, Edwige Fenech et Orson Welles en narrateur.


« De l'enfer à la victoire » (1979) avec cette fois Georges Hamilton, George Peppard, Anny Duperey, Jean-Pierre Cassel, Howard Vernon et Lambert Wilson (entre autres). Côté casting, on a vu pire !


Il y a également les thrillers, ou plutôt les gialli, domaine dans lequel Lenzi, sans atteindre les sommets artistiques des maîtres du genre, signe quelques petites réussites. On retiendra sa trilogie officieuse de sexy gialli, trois thrillers psychologiques avec des protagonistes moralement ambigus qui marquent son incursion dans le genre (Une folle envie d'aimer / Orgasmo, Si douces, si perverses et Paranoia, tous les trois avec Caroll « Baby Doll » Baker), mais aussi Meurtre par intérim (avec la toute jeune Ornella Muti), Le Tueur à l'orchidée (plus influencé par Argento), Spasmo ou encore Eyeball. Si Lenzi se révèle plutôt inspiré quand il s'agit de mettre en images la violence et l'érotisme, il montre aussi ses limites. Enquêtes policières paresseuses, rebondissements usés jusqu'à la corde, ses thrillers sont inégaux, et souffrent souvent d'influences (Hitchcock et Clouzot en tête) que Lenzi cite à tout bout de champs mais dont il ne parvient jamais à s'affranchir. En faiseur habile et roublard qu'il est, Lenzi reste prudemment confiné dans les limites d'un genre très codifié qu'il ne cherchera jamais à transcender.



Il y a enfin, et surtout, les poliziotteschi, polars urbains radicaux et violents qui sont le reflet du sombre contexte socio-politique de l'époque en Italie, alors minée par la montée de la criminalité, l'omniprésence des groupes mafieux, la corruption des élites, les enlèvements, les attentats, les assassinats. Dès son premier essai, La Guerre des gangs (1973) avec le pourtant pas génial Antonio Sabato, Lenzi se montre à l'aise avec son sujet. Après les meurtres fétichistes très stylisés du giallo, la violence devient brute. L'atmosphère très artificielle de ses films précédents, essentiellement tournés dans des intérieurs chargés, fait place à un univers urbain filmé sans fard, avec de nombreuses scènes en extérieur qui ancrent le film dans le réel. Le style est plus âpre, plus nerveux, plus direct. Lenzi fait peau neuve et semble se révéler à lui-même, signant en tout cas ce qui reste comme les tous meilleurs films de sa carrière : La Rançon de la peur (1974), Le Cynique, l'infâme, le violent (1977) et Échec au gang (1978) avec le génial Tomas Milian, Un flic hors-la-loi (1975) avec un Henry Silva plus granitique que jamais, Brigade spéciale (1976), Opération casseurs (1976) et Corléone à Brooklyn (1976) avec Maurizio Merli en superflic justicier…





Étonnamment, Lenzi est qualifié tour à tour de réalisateur néo-fasciste (avec ses flics bourrins pour qui la fin justifie les moyens et ses héros adeptes de la justice expéditive contre les criminels) et de réalisateur de gauche (pour ses portraits de voleurs malgré eux, tombés dans la délinquance par manque de perspectives, à l'instar du personnage d'Er Monnezza, « Le Fumier », crapule haute en couleurs incarnée par Tomas Milian). Lenzi se défend de tout discours politique ou social dans ses oeuvres : « Si mes films avaient une dimension politique, elle était indirecte : je ne souhaitais que raconter des histoires criminelles. »



L'entrée dans les années 1980 marque le début de la fin pour le cinéma de genre italien, et par conséquent pour la carrière de Lenzi et de ses confrères. C'est à partir de cette époque que le réalisateur va progressivement changer de statut : d'honnête artisan, limité mais efficace, il va devenir un tâcheron désabusé, puis aigri, ne tournant plus que par nécessité. Son cinéma passe en quelques années de la série B à la série Z, du bis au nanar.

Après un détour tardif par la sexy comedy (Pardon!... Vous êtes normal? en 79, Pierino la peste alla riscossa et Cicciabomba en 82), Umberto Lenzi va, comme toujours, suivre les tendances du moment. Dans la foulée du Zombie de Romero, il signe l'invraisemblable L'Avion de l'Apocalypse (1980), dans lequel des gugusses contaminés par des radiations se transforment en furies anthropophages. Techniquement il ne s'agit donc pas de morts-vivants, et pourtant ils sont maquillés comme tels (en fait on dirait qu'on leur a tartiné la figure avec de la pizza trop cuite). Un film que Quentin Tarantino dit apprécier, au point d'en faire son film de zombies italien préféré. En ce qui nous concerne, on lui préfère de loin L'Enfer des zombies et L'Au-delà de Lucio Fulci (en bons films bis) ou Virus Cannibale de Nono Mattei (en nanar).


L'Avion de l'Apocalypse (1980), alias Nightmare City alias City of the Walking Dead.


Alors que le cinéma italien commence à perdre son originalité en copiant systématiquement les grands succès hollywoodiens, Ruggero Deodato est à l'origine d'un nouveau mini-genre, le film de cannibales, avec Le Dernier monde cannibale (1977) et surtout le cultissime Cannibal Holocaust (1980). Aussi bis soit-il, ce dernier fait date : c'est un précurseur du genre found footage (qui fera flores des années plus tard avec les Projet Blair Witch, Rec, Paranormal Activity est leurs innombrables succédanés), qui joue de façon aussi habile que dérangeante sur l'exploitation de la violence, en ayant recours - comme dans les films mondo dont il s'inspire - aux procédés qu'il prétend dénoncer puisque Deodato n'hésite pas à faire tuer des animaux pour de vrai pour les besoins de son film. Cannibal Holocaust cartonne dans les salles du monde entier et amène naturellement Umberto Lenzi à s'engouffrer dans la brèche. Il enquille ainsi deux films de cannibales : La Secte des Cannibales en 1980 (inspiré par le massacre de la secte du révérend Jim Jones qui avait défrayé l'actualité quelques mois plus tôt) et surtout Cannibal Ferox en 1981, un de ses films les plus connus.


Umberto Lenzi : « Cannibal Ferox a cassé la baraque partout dans le monde (…) à New York, dans une salle de cinéma de la 42ème rue, au milieu de Broadway, les spectateurs faisaient parfois la queue sur plus de deux cents mètres pour le voir ! »


Dans Cannibal Ferox, Lenzi ne semble avoir d'autre ambition que de jouer la carte de la surenchère et aller encore plus loin que Cannibal Holocaust dans le gore choquant, sans s'embarrasser à fournir une quelconque grille de lecture ni même un vague sous-texte pour essayer de conférer un minimum de profondeur ou de perspective à son film. C'est du Lenzi pur jus, à la fois cynique dans sa démarche et en même temps très premier degré dans sa volonté manifeste de battre Cannibal Holocaust sur son propre terrain. Comme pour le film de Deodato, Cannibal Ferox eut quelques problèmes avec la censure, à cause de scènes de cruauté sur des animaux. La polémique autour du film et son interdiction dans de nombreux pays contribueront d'ailleurs à lui assurer une belle publicité et de juteuses recettes, notamment avec l'éclosion de la vidéo.



Une anecdote raconte que Lenzi se serait notamment engueulé avec un de ses acteurs, Giovanni Lombardo Radice, qui refusait de tuer un cochon devant la caméra. Lenzi lui aurait dit « De Niro le ferait, lui ! », ce à quoi le comédien aurait répondu « De Niro t'aurait renvoyé à Rome à coups de pieds au cul ! ». Lenzi dût finalement consentir à faire tuer l'animal par une doublure. Agacé par la controverse à laquelle il restera à jamais associé, le réalisateur déclarera plus tard en interview : « Je ne comprends pas comment on peut faire une polémique sur mon film, c'est de l'hypocrisie parce que la violence sur les animaux a toujours existé, quand vous prenez 100 000 poulets enfermés dans quatre mètres carrés avec un éclairage artificiel, qu'on élève dans de grandes souffrances pour les tuer et les manger… Vous n'avez jamais vu un cochon se faire tuer ? Alors regardez « 1900 » de Bertolucci ! Et que je sois foudroyé sur place si un seul des animaux tués dans le film n'était de toutes façons pas destiné à une mort sanglante. »


- YAAAAAAAH VAS-Y, TRUCIDE-LE CE COCHON, FAUT QUE ÇA GICLE !!!!!
- ...euh, du calme Umberto, du calme !


Et pour la scène choc dans laquelle l'actrice Paola Senatore se fait sodomiser par un cannibale, ou celle qui montre Zora Kerova suspendue à des crochets plantés dans les seins ? « C'était l'idée d'un producteur. Je ne suis pas très porté sur ce genre de choses vous savez, moi mon truc c'est plutôt les chars, les Allemands, les avions. » Dans une interview à la télévision romaine T9, le réalisateur considèrera plus tard qu'il a fait ce film pour des raisons alimentaires, et qu'il ne le porte pas en grande estime.



Au passage, un petit détail révélateur de la personnalité de Umberto Lenzi : bien qu'il déclare ne pas aimer ses films de cannibales, qu'il qualifie de films « mineurs » au point de refuser de les évoquer en interview (nous y reviendrons), il ne supporte pas qu'on attribue à Ruggero Deodato la paternité du genre ! « Il est parfaitement clair que c'est moi qui ai lancé la mode de ces films avec Au pays de l'exorcisme alias Mondo Cannibale, plusieurs années avant que lui [Ruggero Deodato] ne fasse son premier film de cannibales… et encore, il n'a pu le faire que parce que moi j'ai refusé de tourner la suite, Mondo Cannibale 2, et que les producteurs se sont ensuite tournés vers lui. Ce sont les faits. Le premier film de cannibales du cinéma italien c'est Au pays de l'exorcisme. » Certains objecteront néanmoins qu'Au pays de l'exorcisme (1972), n'est pas un « pur » cannibal movie, et que l'histoire de ce film d'aventure exotique rappelle surtout Un homme nommé Cheval d'Elliot Silverstein, sorti deux ans plus tôt.



Parmi les quelques joyeux nanars que compte la filmo de Lenzi figure Ironmaster, la guerre du fer (1982), qui porte jusque dans la dualité de son titre la trace du paradoxe tragique de cette époque, puisque les auteurs du film n'ont visiblement pas su se décider sur le film à plagier ! L'œuvre de Lenzi marche en effet maladroitement sur les plates-bandes de deux films à la fois, partant de La Guerre du feu de Jean-Jacques Annaud, pour y rajouter des éléments de Conan le barbare de John Milius. Que ce soit sur le terrain historique ou sur celui de l'aventure, le résultat n'est pas crédible une minute, oscillant en permanence entre le film sur la préhistoire ringard et l'heroic-fantasy miteuse. Ironmaster, la guerre du fer sombre dans les premières scènes dans un ridicule épais à force de perruques affriolantes, de maquillages approximatifs et de pagnes mal ajustés, le tout magnifié par un héros doté du physique de Rahan et du charisme d'une huître.


Sam Pasco, véritable étoile filante du nanar.


Interprété par l'ineffable Sam Pasco, culturiste américain dont ce fut apparemment l'unique film en dehors d'une petite carrière dans le porno gay, ce sous-Conan emperruqué traverse tout le film avec l'hébétude ravie d'un babouin sous tranxène, s'affirmant comme l'un des pires comédiens jamais vus, et contribue grandement à la douce hilarité qui finit par gagner le spectateur à la vision d'un tel désastre. Au grand dam de Lenzi et des autres comédiens du film, qui gardent de Sam Pasco « un assez mauvais souvenir, celui d'un homme imbu de lui-même, coquet à l'extrême, dont la seule préoccupation, obsession, était l'image qu'il renvoyait à l'écran » (source : maniaco-deprebis), exigeant toujours d'être filmé sous son meilleur profil et passant son temps sur le plateau à se coiffer et à se recoiffer.


Sam Pasco, véritable étoile filante du nanar.


Un navet après l'autre, la carrière de Lenzi vit ensuite ses derniers souffles pathétiques, sans même un dernier baroud d'honneur. Il enchaîne d'abord trois films de guerre fauchés (Cinq salopards en Amazonie en 1985, Commando Panther / Trésor de guerre en 1986 et Wartime en 1987, ces deux derniers tournés en Yougoslavie) avant de se voir confier quelques projets horrifiques qu'il met en boîte sans aucun peps. Présenté à Avoriaz en 1988, La Maison du cauchemar est le dernier film de Lenzi à avoir eu droit à une sortie dans les salles françaises. Une histoire de baraque hantée terriblement molle et fauchée, dont le titre original (La Casa 3) tente sans scrupules de se faire passer pour la suite des Evil Dead et Evil Dead 2 de Sam Raimi (sortis en Italie sous les titres La Casa et La Casa 2). Aussi bidon soit-elle, La Casa 3 marche suffisamment bien au box-office pour motiver deux suites, La Casa 4 (Démoniaque présence en VF, signé Fabrizio Laurenti sous le pseudo de Martin Newlin) et un La Casa 5 (Au-delà des ténèbres en VF, mis en boîte par Claudio Fragasso sous son habituel pseudo Clyde Anderson). Ecarté de ces deux suites au profit de metteurs en scène moins chers, Umberto Lenzi racontera plus tard en interview : « Le producteur de La Casa 3 [Note de Nanarland : Joe D'Amato] m'a dit, avec un poignard caché derrière le dossier de sa chaise, qu'aucune suite n'était prévue. Alors qu'en fait il a produit non seulement La Casa 4 mais aussi La Casa 5, qu'il a confié à Claudio Fragasso parce qu'il coûtait encore moins cher que Fabrizio Laurenti. C'est le problème avec le milieu du cinéma en Italie, on te dit toujours « Pour moi tu es comme un frère, on travaillera toujours ensemble », et pendant qu'on te baratine on te tend un verre avec du cyanure… »



A mi-chemin entre le mauvais thriller et le slasher ringard, Hitcher in the Dark (1989) et Nightmare Beach (1989), tournés aux Etats-Unis pour mieux américaniser le produit, ne relèvent pas le niveau du genre auquel ils appartiennent. Le très mineur Le porte dell'inferno (1990), dernier film de l'acteur Giacomo Rossi Stuart, est resté inédit chez nous, même en vidéo. Tout comme ses collègues italiens encore en activité, Lenzi se tourne aussi vers la télévision pour croûter. La firme ReteItalia produit ainsi quatre histoires de maisons hantées, dont deux sont réalisées par Lenzi, House of Witchcraft / La casa del sortilegio (1989) et The House of Lost Souls / La casa delle anime erranti (1989), les deux autres opus étant confiés à Lucio Fulci (House of Clocks et The Sweet House of Horrors). Il s'agit de téléfilms assez mous et cheapos qui, bien que spécifiquement produits pour la télé, seront jugés trop violents et finalement distribués en VHS à travers le monde. Pour son ultime contribution dans le domaine du film d'horreur, Lenzi se paye des vacances au Brésil où il tourne le tout pourri Black Demons alias Démons 3, la vengeance à deux de tension de six zombies vaudous qui tente indûment de se faire passer pour la suite de Démons et Démons 2 de Lamberto Bava.


« Le Voyageur de la Peur », petit thriller convenu également distribué à travers le monde sous les titres « Hitcher in the Dark , « Return of the Hitcher » voire carrément « Hitcher 2 » pour tenter de se faire passer pour la suite de l'excellent « The Hitcher » (1986) avec Rutger Hauer.



Pour réduire les coûts, la production de Nightmare Beach est mutualisée avec celle de Prima Rage (Rage - Furia primitiva), thriller fantastico-horrifique scénarisé par Lenzi mais réalisé par Vittorio Rambaldi. Les deux films ont été tournés en Floride, avec des acteurs en commun, et une BO qui reprend souvent les mêmes chansons.


Suivront encore quelques navets comme le lamentable Cop Target (1990) avec Robert Ginty et Charles Napier, ou le carrément scandaleux Black Cobra 4 alias Detective Malone (1991), un improbable patchwork composé en grande partie de scènes entières tirées des deux premiers Black Cobra et de quelques bouts de rushes non utilisés de la saga. Après le troisième volet tourné aux Philippines, la star déchue Fred Williamson aurait refusé de participer à ce 4ème volet, ce qui n'a pas empêché les producteurs de monter le projet sans lui, truffant le film d'inserts débiles et de furtifs plans de coupe où l'on voit l'acteur, parfaitement inexpressif, écouter sagement ce que lui racontent des types en contre-champs. Sans surprise, le remontage des scènes est assez catastrophique, ce 4ème opus ressemblant moins à une suite qu'à une sorte de remake indigeste et maladroit.


Fred Williamson, star malgré lui du nanar rital.


En 1991, Umberto Lenzi emballe encore À la recherche du scorpion d'or, tardif avatar de Indiana Jones avec quelques éléments de Rambo dedans. Comme le titre l'indique, le trésor convoité par les différents protagonistes est un scorpion d'or, une relique inestimable sise dans les moites profondeurs de la forêt amazonienne et gardée par… un pauvre petit serpent de rien du tout. Le héros (campé par un Andy J. Forest mauvais comme pas possible) affrontera le redoutable reptile après s'être enroulé la main avec du latex prélevé sur les hévéas environnants. Du grand spectacle ! Lenzi boucle sa carrière ciné avec Mean Tricks (1992), polar dans lequel Charles Napier incarne pour une fois non pas une énième ordure mais un justicier bad-ass adepte de la bouteille et de la réplique qui tue, ce qui en fait a posteriori le seul et unique intérêt.



Umberto Lenzi prend donc sa retraite en tant que réalisateur à 60 ans, alors qu'il aurait pu espérer tourner pendant encore quelques années si l'industrie locale lui avait offert plus de perspectives. Retiré du monde du cinéma en même temps que son épouse Olga Pehar, co-scénariste de quelques-uns de ses derniers films, il se consacre alors à l'écriture de romans policiers. Il créé ainsi la figure littéraire de Bruno Astolfi, un détective privé antifasciste qui enquête dans l'Italie des années 1940, et publie plusieurs romans parmi lesquels Delitti a Cinecittà (2008), Terrore ad Harlem (2009), Morte al Cinevillaggio et Il Clan dei Miserabili (2014). Umberto Lenzi est mort à Rome le 19 octobre 2017, à l'âge de 86 ans.


Umberto Lenzi, alias Bert Lenzi, Hubert Lenzi mais aussi Humphrey Humbert, Humphrey Longan, Hank Milestone, Humphrey Milestone, Harry Kirkpatrick ou en core Bob Collins.


Si Umberto Lenzi était connu pour tourner ses films en très peu de temps et avec très peu de moyens, même par rapport aux standards locaux, il ne fait aucun doute qu'il fut extrêmement frustré par sa laborieuse fin de carrière, opérée dans les tréfonds du bis. Selon certains témoignages, le réalisateur avait aussi la réputation de ne pas être un homme éminemment sympathique. A vrai dire, les quelques interviews qu'il a accordées ça et là montrent qu'il se faisait une haute idée de sa personne, ou du moins de son potentiel, et ses entretiens de fin de carrière laissent transparaître une certaine aigreur quand on ne vient pas lui cirer les pompes à propos de ses polars des années 1970 (Davide Pulici, fondateur de la revue italienne de cinéma Nocturno, dresse notamment de lui le portrait d'un lunatique susceptible, devenu en vieillissant un vrai connard). Pendant longtemps, Lenzi refusera catégoriquement de parler de ses films de cannibales, et notamment de Cannibal Ferox, se justifiant en ces termes : « Pour un auteur tel que moi, qui a réalisé La Grande bataille et La Rançon de la peur, c'est vexant d'être constamment questionné sur ce film qui est tout à fait secondaire dans ma filmographie. Je me sens un peu comme Mascagni, qui a composé Cavalleria rusticana alors qu'il n'avait que 26 ans, et qui a ensuite composé une quinzaine d'opéras dont personne ne se souvient. Mascagni déclarera à ce propos : « Mon plus grand malheur, c'est que ma première oeuvre ait été mon chef-d'œuvre. J'ai été couronné avant d'être roi ! » Voyez-vous, moi je m'attendais à ce que Les Chiens verts du désert me couronne de succès, alors qu'en fait personne ne semble l'avoir vu. Par contre, je continue de recevoir des lettres de compliments pour Cannibal Ferox. C'est le monde à l'envers. » Alors certes, on imagine bien l'état d'esprit désabusé, voire morose, dans lequel Lenzi devait être lorsqu'il tournait dans les années 80 des trucs imbitables qui, visiblement, ne lui plaisaient pas, dans des conditions toujours plus spartiates, pour des marchés de moins en moins prestigieux. Mais lorsqu'en 2006 Lenzi a répondu positivement à une demande d'interview de l'équipe de Nanarland, nous ne nous attendions pourtant pas à tomber sur un vieux ronchon aussi peu volubile. L'entretien par mail qui en a découlé nous a paru si laconique et peu digne d'intérêt que nous ne l'avions jamais publié. Jusqu'à aujourd'hui. Le chapô railleur que Zord avait rédigé à l'époque rend compte de notre déception vis-à-vis d'un Lenzi qui n'avait tout simplement pas joué le jeu, se contentant de répondre par demi-phrases, voire ne pas répondre du tout en qualifiant certaines questions d'idiotes ou sans intérêt.






INTERVIEW D'UMBERTO LENZI (juillet 2006)


Surbooké, toujours entre deux avions, tiraillé entre les dizaines de projets faramineux que les magnats d'Hollywood lui proposent, Umberto "Il Maestro" Lenzi a bien voulu descendre de son Olympe cinématographique pour daigner accorder une brève et lapidaire interview aux misérables mortels que nous sommes. Grazie, Maestro d'avoir bien voulu nous consacrer quelques minutes de votre temps que nous savons précieux !

Nanarland : Quels ont été vos débuts dans le monde du cinéma ?

Umberto Lenzi : « J'ai reçu mon diplôme en 1956, au Centro Sperimentale di Cinematografia, en tournant le court-métrage Ragazzi di Trastevere. J'ai ensuite travaillé comme assistant de divers metteurs en scènes, parmi lesquels Piero Vivarelli, Domenico Paolella, Richard Wilson et Alessandro Blasetti. J'ai tourné en 1958 mon premier film, Mia italida stin ellada. C'était une comédie touristique produite par la Grèce, avec l'actrice Wandisa Guida dans le rôle principal. »

Quelles étaient vos principales influences ? Vous êtes un admirateur de Raoul Walsh, ce qui se ressent à la vision de vos premières œuvres, des films d'aventures exotiques.

Umberto Lenzi : « J'étais inspiré par Raoul Walsh, mais aussi par Samuel Fuller, Robert Siodmak, Edgar G.Ulmer et Michael Curtiz. »

Vous avez travaillé également avec de nombreux acteurs de grand renom, comme John Huston, Henry Fonda, Edgwige Fenech, Anny Duperey, Howard Vernon, Orson Welles…Quels souvenirs en gardez-vous ? Vous avez également réalisé plusieurs polars mettant en vedette Maurizio Merli, qui avait la réputation d'être un acteur assez difficile…

Umberto Lenzi : « J'ai de très bons souvenirs de tous ces acteurs, notamment de Huston, Fonda, ainsi que de Joseph Cotten et Arthur Kennedy. Maurizio Merli était un bon acteur, un bon professionnel. Je n'ai jamais eu aucun problème avec lui. »


Maurizio Merli et Umberto Lenzi (sur la droite).


Quels sont vos souvenirs des acteurs anglo-saxons qui tenaient alors la vedette du cinéma bis italien, comme Steve Reeves, Richard Harrison, ou Sean Flynn [le fils d'Errol Flynn] ?

Umberto Lenzi : « Au bout de quarante ans, vous savez, les souvenirs s'en vont, à moins qu'il ne s'agisse de GRANDS acteurs. Je suis cependant tout à fait chagriné du destin de Sean Flynn, qui est mort tragiquement au Vietnam où, devenu journaliste, il était parti comme correspondant de guerre. On dit qu'il a été tué par les khmers rouges cambodgiens. »

Vous avez justement tourné, avec Sean Flynn, le film Sandok, il Maciste della giungla (« Sandok, le Maciste de la jungle »), connu en France sous le titre Le Temple de l'éléphant blanc. D'où est venue l'idée de ce titre italien un peu étrange ?

Umberto Lenzi : « Il s'agissait d'une coproduction italo-française et ce sont justement les Français qui ont bénéficié du titre original. En Italie, le titre a été changé par ces connards de distributeurs. »


« Le Temple de l'éléphant blanc », titré en version originale « Sandok, il Maciste della giungla » (Sandok le Maciste de la jungle !) pour surfer à la fois sur la popularité de Maciste (le peplum est alors en vogue) et sur celle de Sandokan, célèbre personnage de pirate créé par le romancier à succès Emilio Salgari. Sandokan, ou le pirate piraté !


Comment est né le film « Maciste contre Zorro » ? La rencontre de ces deux personnages mythiques est assez surprenante…

Umberto Lenzi : « Le film est né d'une plaisanterie. Nous avions parié qu'il était possible de réunir à l'écran, de manière absurde, deux personnages mythiques mais très dissemblables et d'en tirer un bon film. »



D'après Marco Giusti, historien du bis italien, votre film Les Trois sergents de Fort Madras, avec Richard Harrison, comporte de nombreuses scènes de films précédents : est-ce vrai ?

Umberto Lenzi : « Et alors , on peut réaliser un chef-d'œuvre en prenant des bouts de dix films différents : tout dépend de l'usage que l'on en fait au montage ! »

Votre carrière vous a fait visiter de nombreux genres du cinéma populaire : l'aventure exotique, le western, puis le thriller et le film policier, avant de vous consacrer au film d'horreur dans les années 1980. Quel était votre genre de prédilection et quels sont les films que vous préférez ?

Umberto Lenzi : « Les genres que j'affectionne le plus sont le thriller et le polar. Parmi mes thrillers, je préfère Paranoïa, qui est malheureusement sorti en Italie sous un titre idiot, Orgasmo ! Je n'ai pas de film préféré dans ma filmographie, bien que j'en apprécie certains en particulier. »



Vous avez également tourné plusieurs films de guerre, qui ont remporté de vrais succès à l'époque : Les Chiens verts du désert, De l'enfer à la victoire, La Grande bataille. Ces films montraient de grandes ambitions à l'échelle des productions italiennes.

Umberto Lenzi : « Tout à fait, Les Chiens verts du désert a d'ailleurs remporté un énorme succès en France, car il traitait de la conférence de Casablanca, entre Roosevelt, Churchill et De Gaulle ! J'aime beaucoup De l'enfer à la victoire : c'est un très bon film, que nous avons tourné presque entièrement à Paris, avec une scène à couper le souffle sur la Tour Eiffel, où les Allemands tirent sur les résistants. Il y a aussi une superbe scène tournée à l'intérieur du métro Porte des Lilas. »





Quels souvenirs gardez-vous de Jean-Louis Trintignant sur Si douces… si perverses ? Etait-il peu intéressé par le film ? Il a en effet déclaré plus tard avoir voulu tourner une ânerie pour s'infliger une cure de modestie après plusieurs gros succès. [Nanarland : la citation exacte de Jean-Louis Trintignant est : « Je venais de faire une série de très bon films, qui avaient fait des gros succès. Alors j'ai dit à mon agent : "J'ai besoin de tourner un navet sinon je vais prendre la grosse tête, trouve-moi une merde". Du coup, il m'a apporté le scénario de "Si douces, si perverses" de Umberto Lenzi, qui était ce qu'on peut imaginer de plus bas... »]

Umberto Lenzi : « C'était un excellent acteur et un homme délicieux. Il faut évidemment prendre sa phrase comme une boutade : il cherchait avant tout à démythifier son aura d'acteur engagé. »

Vous avez connu de grands succès comme auteur de polars urbains et violents dans les années 1970. Considériez-vous que vos films étaient engagés socialement et politiquement ? Certains critiques les ont dénoncés comme des œuvres « fascistes », « Libération » les a récemment qualifiés de polars « de gauche »… Quelle est votre opinion ?

Umberto Lenzi : « Mes films des années 1970 se veulent le reflet de la violence urbaine de l'époque. Ils prenaient la température d'une société en crise. Avec des films comme La Rançon de la peur, où Tomas Milian interprète un assassin à la sauvagerie sans limites, je souhaitais raconter l'histoire de jeunes marginaux, des petits délinquants sans limites et sans avenir. Comme les jeunes des banlieues parisiennes d'aujourd'hui. Je suis personnellement de gauche, mais si mes films avaient une dimension politique, elle était indirecte : je ne souhaitais que raconter des histoires criminelles. »

A propos de Tomas Milian, vous semblez avoir eu quelques problèmes avec lui sur Echec au gang (La Banda del gobbo), où il cabotinait un peu trop à votre goût, avec une tendance à transformer le film en une semi-comédie…

Umberto Lenzi : « Le film policier, comme le western, a décliné quand il a eu tendance à rendre ses personnages burlesques, avec la série des Trinita interprétée par Terence Hill, ou les films où Tomas Milian jouait le voyou « Monnezza » ou le flic Nico. Cela m'a amené à rompre ma collaboration avec Tomas Milian et à tourner Corleone à Brooklyn, que je considère comme le chant du cygne du cinéma policier SERIEUX. C'est un road-movie, avec une fin ouverte et désespérée, un chef-d'œuvre trop sous-estimé. »

[Nanarland : en 1976, Tomas Milian a tourné pour Lenzi Le Cave sort de sa planque (Il trucido e lo sbirro). L'année suivante, Milian tourne la suite de ce film, L'Exécuteur vous salue bien (La banda del trucido), mais cette fois sous la direction de Stelvio Massi, provocant la colère de Lenzi qui va jusqu'à accuser le comédien italo-cubain de trahison. L'orage passé, Milian et Lenzi se réconcilient et tournent Echec au gang (La Banda del gobbo), mais ce sera leur dernière collaboration. Outre la tendance de Milian à trop cabotiner au goût de Lenzi, les deux hommes se seraient notamment brouillés à cause de la scène du monologue moraliste sur les classes décentes, une scène que Lenzi voulait éliminer au stade de l'édition mais que l'acteur, qui avait ré-écrit les dialogues de son personnage, voulait à tout prix.]



Vous avez tourné peu de comédies : Pardon, vous êtes normal ? avec Aldo Maccione et Renzo Montagnani, Cicciabomba, ou Pierino la peste alla riscossa, un film qui suivait la mode des Pierino avec Alvaro Vitali. Vous n'aviez pas d'affinités avec le genre ?

Umberto Lenzi : « Je préfère ne pas parler de ces trois films. Je les ai tournés pour payer mes impôts. »

Dans les années 1980, vous avez tourné de nombreux films d'horreur, comme L'Avion de l'Apocalypse, La Secte des cannibales, Cannibal Ferox, La Maison du cauchemar, qui vous ont donné une aura de spécialiste du cinéma horrifique. Quelle était votre approche du genre ?

Umberto Lenzi : « Mes films d'horreur ont très bien marché dans le monde entier. C'est tout ce que j'ai à dire là-dessus. »





Ironmaster, la guerre du fer était un croisement entre La Guerre du feu et Conan le barbare. Des souvenirs en particulier sur ce film ? Qui était l'acteur principal, Sam Pasco ?

Umberto Lenzi : « C'était un film médiocre. Je me souviens à peine du comédien. C'était un culturiste inconnu, on m'a dit qu'il était mort voilà des années. »

Vous avez tourné Hitcher in the dark, distribué comme une fausse suite de Hitcher. Qui en a eu l'idée ?

Umberto Lenzi : « Le film s'appelait à l'origine « Camper » (caravane), car il tournait justement autour de la caravane du jeune serial killer. Hélas, les distributeurs ont changé la fin du film et l'ont affublé du titre complètement idiot de Hitcher in the dark. »

Dans les années 1980, quelle était l'ambiance dans le cinéma de genre italien ?

Umberto Lenzi : « Le cinéma de genre commençait à mourir, avec l'arrivée en Italie des télévisions privées. C'était infiniment triste. »

Selon IMDB, votre dernier film, daté de 1996, serait Sarayevo inferno di fuoco (1996), un film consacré à la guerre de Yougoslavie. Nous avons très peu d'informations sur ce film : pouvez-vous nous en dire plus ?

Umberto Lenzi : « Ce n'est pas mon film !! Il a été tourné par un crétin sous le pseudonyme de Bob Collins, que j'avais employé en certaines occasions. Il a utilisé de manière infâme et totalement malhonnête des morceaux de deux de mes films (Wartime et Commando Panther), que j'avais tourné en Serbie en 1986. »



Liens utiles & sources :

Une interview en italien publiée dans le journal La Repubblica.

Une interview en italien publiée dans Nocturno.

Une interview en anglais datant de 1997, avec un Lenzi bien ronchon, publiée en 2017 sur le site House of Freudstein.

Par ailleurs, une biographie signée Silvia Trovato et Tiziano Arrigoni a paru en 2016 chez l'éditeur italien La bancarella sous le titre « Una vita per il cinema: l'avventurosa storia di Umberto Lenzi regista ».

John Nada
John Nada

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Filmographie

En tant que réalisateur :


1992 - Mean Tricks / Hornsby e Rodriguez - Sfida criminale

1991 - À la recherche du scorpion d'or (Hunt for the Golden Scorpion / Caccia allo scorpione d'oro)

1991 - Black Cobra 4 / Detective Malone

1991 - Démons 3 (Demoni 3)

1990 - Cop Target (Obiettivo poliziotto)

1989 - Nightmare Beach



1989 - The House of Lost Souls (La casa delle anime erranti)

1989 - House of Witchcraft (La casa del sortilegio)

1989 - The Hell's Gate / Le porte dell'inferno



1989 - Le Voyageur de la Peur / Hitcher in the Dark / Return of the Hitcher (Paura nel buio)

1988 - La maison du cauchemar (La casa 3)

1987 - Wartime / Tempi di guerra

1986 - Commando Panther / Trésor de guerre (Un ponte per l'inferno)

1985 - Cinq salopards en Amazonie (I cinque del Condor)

1983 - Ironmaster, la guerre du fer (La guerra del ferro - Ironmaster)

1982 - Cicciabomba

1982 - Daughter of the jungle / Incontro nell'ultimo paradiso

1982 - Pierino la peste alla riscossa

1981 - Cannibal ferox



1980 - L'avion de l'apocalypse / L'invasion des zombies (Incubo sulla città contaminata)

1980 - La secte des cannibales (Mangiati vivi!)

1979 - Pardon!... Vous êtes normal? (Scusi, lei è normale?)

1979 - Corléone à Brooklyn (Da Corleone a Brooklyn)

1979 - De l'enfer à la victoire (Contro 4 Bandiere)

1978 - Échec au gang (La Banda del gobbo)

1978 - La grande bataille (Il grande attacco)

1977 - Le cynique, l'infâme, le violent (Il cinico, l'infame, il violento)

1976 - Le Cave sort de sa planque / Le truand sort de sa planque / La mort en sursis / Le clan des pourris (Il trucido e lo sbirro)



1976 - Opération casseurs / S.O.S Jaguar : Opération casseurs (Napoli violenta)

1976 - Brigade spéciale / A main armée (Roma a mano armata)

1975 - Bracelets de sang (Il giustiziere sfida la città)

1975 - Un flic hors-la-loi (L’uomo della strada fa giustizia)

1975 - Eyeball (Gatti rossi in un labirinto di vetro)

1974 - La Rançon de la peur (Milano odia: la polizia non può sparare)

1974 - Spasmo

1973 - La guerre des gangs (Milano rovente)

1972 - Knife of Ice / Il coltello di ghiaccio

1972 - Au pays de l'exorcisme / Cannibalis : au pays de l'exorcisme (Il paese del sesso selvaggio)



1972 - Le tueur à l'orchidée / Sept orchidées tachées de sang / Adieu tueur (Sette orchidee macchiate di rosso)

1971 - Meurtre par intérim (Un posto ideale per uccidere)

1970 - Paranoia

1969 - Si douces, si perverses (Così dolce... così perversa)

1969 - La légion des damnés / La Patrouille des damnés (La legione dei dannati)

1969 - Une folle envie d'aimer (Orgasmo)

1968 - La malle de San Antonio / Pistolets pour massacre (Una pistola per cento bare)

1968 - Gringo joue et gagne (Tutto per tutto)



1967 - Les chiens verts du désert (Attentato ai tre grandi)

1966 - Kriminal

1966 - Un million de dollars pour 7 assassinats (Un milione di dollari per sette assassini)

1966 - Des fleurs pour un espion / Capture (Le spie amano i fiori)

1965 - Super 7 appelle le sphinx / Super 7 appelle Le Caire (Superseven chiama Cairo)

1965 - Suspense au Caire pour A008 (A 008, operazione Sterminio)

1965 - L'homme du Bengale (La montagna di luce)

1964 - Les trois sergents de fort Madras / Les trois sergents du Bengale (I Tre Sergenti del Bengala)

1964 - Les pirates de la Malaisie (I pirati della Malesia)

1964 - Hercule contre les mercenaires (L'ultimo gladiatore)

1964 - Le temple de l'éléphant blanc (Sandok, il Maciste della giungla)

1963 - Sandokan, le tigre de Bornéo (andokan, la tigre di Mompracem)



1963 - Maciste contre Zorro (Zorro contro Maciste)

1963 - L'invincible cavalier masqué (L'invincibile cavaliere mascherato)

1963 - Catherine de Russie (Caterina di Russia)

1962 - Le triomphe de Robin des Bois (Il trionfo di Robin Hood)

1962 - Seul contre sept (Duello nella sila)

1961 - Mary la rousse, femme pirate (Le avventure di Mary Read)

1958 - An Italian in Greece / Mia Italida stin Ellada / Vacanze ad Atene