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Désigné pour mourir

(1ère publication de cette chronique : 2003)
Désigné pour mourir

Titre original :Marked for Death

Titre(s) alternatif(s) :Aucun

Réalisateur(s) :Dwight H. Little

Année : 1991

Nationalité : Etats-Unis

Durée : 1H33

Genre : Film de bras cassés

Acteurs principaux :Steven Seagal, Basil Wallace, Keith David, Tom Wright, Joanna Pacula, Elizabeth Gracen

Natasha Cristerfield
NOTE
2.5/ 5


Après une enquête qui a coûté la vie à son collègue, le flic John Hatcher prend quelques jours de vacances et en profite pour retourner chez lui, où il retrouve sa sœur et son meilleur ami. Mais des dealers de DROGUE infestent depuis peu sa ville natale et Hatcher, d'abord inactif, entreprend de s'occuper d'eux. Il va se heurter au chef de la bande des Jamaïcains, Screwface, un prêtre vaudou qui posséderait deux têtes...

 

Le regard qui tue de Steven, acteur mono-expressif par excellence.


Travaillant sur une histoire policière au Japon, Seagal a vu le projet s'arrêter après que le film "Black Rain" l'eût devancé. Il se rabattra alors sur ce film, représentant parfaitement le cinéma de Seagal, en reprenant toujours les mêmes éléments : stoïcisme du héros, maîtrise parfaite dans l'art de tuer (expert en arts martiaux, en armes à feu, en combat de sabre, en tactiques de commando, etc.), jamais fâché et surtout jamais blessé.


Le Steven, il a même pas peur.


Car là où les films d'action habituels en font baver à leur héros ("Die Hard", "Lethal Weapon"), Seagal, lui, fout la pâtée à tout le monde en trois coups de cuillère à pot sans aucune égratignure. C'est même justement ce qui fait son "charme" : un personnage radical, n'hésitant pas à casser des bras (tout le temps en fait) et à tuer froidement le premier bad-guy venu. A un point tel qu'on a l'impression que Seagal interprète toujours le même personnage invincible et que les scenarii ont été écrits spécialement pour lui.


Steven dans ses œuvres.


Ce "Désigné pour mourir" (Marked for Death en VO) cumule ainsi tous les stéréotypes du "Steven Seagal movie", dans lequel la star affronte sans grandes difficultés de méchants dealers de drogue, les expédiant ad patres en un temps record, avec sa nonchalance habituelle. Une pierre de plus apportée à l'édifice de glorification du personnage de Steven, toujours enclin à l'auto-célébration (selon sa propre légende très contestée, l'acteur aurait effectué des missions en Asie pour la CIA).

Attention, ça va faire crac !

C'est donc avec sa célèbre queue de cheval qu'il s'attaque à un scénario relevant très légèrement de l'argument fantastique. En effet, le chef des Jamaïcains est un pratiquant de la magie vaudou qui aurait deux têtes et volerait l'âme de ses victimes. On voit alors quelques rituels (dont celui d'une jolie sorcière qui sacrifie un poulet après avoir pris un bain) sans que l'on y croit vraiment. Et a raison, puisqu'il y a supercherie : Screwface a un frère jumeau, d'où ses "deux têtes". Bien évidemment, le fait que son ennemi du jour semble doté de pouvoir surnaturels ne va pas poser problème à l'ami Seagal, qui s'acharne tranquillement sur ses malheureux adversaires, avec une nonchalance qui commence déjà à ressembler à du je-m'en-foutisme (le comédien joue sans donner l'impression de prendre l'histoire trop à cœur, malgré le fait que sa nièce, toute petite fille, se soit quand même fait tirer dessus).


Pour une fois, Steven a décidé de se fringuer élégamment.



Forcément, ça pouvait pas durer.


Ajoutez à cette intrigue conventionnelle des personnages pas crédibles (Screwface est juste un rasta hystérique avec des yeux blancs : on est loin du King Willie, prêtre vaudou de Predator 2 qui, en quelques apparitions, faisait beaucoup plus classe), de la violence gratuite de rigueur (les bras cassés, une main coupée, un insecte écrasé en très gros plan...), des répliques vulgaires mais assurément fun, tel ce "J'te confierais même pas la sueur de mes burnes".
Autre morceau choisi : "Y en avait un qui se croyait invincible et l'autre qui croyait savoir voler" dit Seagal à un ami après avoir fait dégringoler le méchant de 2 étages. "Et alors ?" demande ce dernier. "Ils avaient tort tout les deux", répond Seagal sans sourire, comme si lui-même avait compris que sa blague ne valait rien.


Une des rares actrices du film.


Comme la cible de ce genre de produit c'est avant tout le public mâle de moins de 50 balais, la possible romance que laissait entrevoir la présence de Joanna Pacula au générique est complètement escamotée (l'actrice n'apparaît que très peu et semble tout de suite attirée par Seagal, qui lui semble se foutre éperdument d'elle). Le film préfère ainsi se concentrer sur la baston bien virile à base de bras cassés, de genoux luxés, de nez aplatis et d'épaules démises.


Basil Wallace, un habitué des rôles de méchants dans des séries télé.

 


Al Israel dans le rôle d'un concurrent colombien de Screwface. Sa trogne grêlée en a fait un des bad guys récurrents des années 80-90 depuis Scarface (presque toujours comme druglord latino d'ailleurs).


A noter l'apparition de Danny Trejo dans le prologue du film, celle de Jimmy Cliff dans son propre rôle, ainsi que la petite Danielle Harris, fillette vue dans un autre film de Dwight H. Little, à nouveau dans le rôle de la nièce d'un autre type invincible et inexpressif, à savoir Michael Myers dans "Halloween 4 : The Return of Michael Myers". Depuis elle a bien grandi et hante plein de sitcoms.


Son deuxième prénom, c'est "Subtil".


Pour terminer, il convient quand même d'évoquer LA scène du film : l'incroyable mise à mort du deuxième Screwface (le premier se faisant rapidement décapiter par un Seagal qui se prend pour Highlander). Alors qu'ils se battent à l'épée, le prêtre vaudou s'avère bien entendu incapable de blesser Seagal, qui lui ne s'en prive pas. Quand enfin Screwface attrape Seagal et le cogne plusieurs fois contre un mur, notre casseur de bras lui enfonce ses pouces dans les yeux (furtivement aperçus en gros plan), lui fait traverser un mur, avant de le balancer dans une cage d'ascenseur dont la longue chute finira par un empalement sur un morceau de la machine. On notera que les blessures apparaissant au final sur le visage de Screwface étaient représentées plus tôt par un dessin en sang qu'il avait fait sur la poitrine de la sœur de Seagal. Quant à ce ce dernier, il regarde sa victime avant de balancer une ultime punchline qui tue : "J'espère que c'était pas des triplés". Il est fort quand même ce Seagal !


There can be only one !

- Natasha Cristerfield -
Moyenne : 2.93 / 5
Natasha Cristerfield
NOTE
2.5/ 5
Rico
NOTE
2/ 5
MrKlaus
NOTE
3/ 5
Wallflowers
NOTE
1.5/ 5
John Nada
NOTE
2.5/ 5
Drexl
NOTE
4/ 5
Peter Wonkley
NOTE
5/ 5
Jack Tillman
NOTE
B.F./ 5

Cote de rareté - 1/ Courant

Barème de notation

Le DVD "Fox/Pathé/Europa" se trouve sans problème. Par contre, hormis un vaste choix de langue et sous-titres, pas l'ombre d'un bonus. Spartiate, comme le jeu de Steven.

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