Accueil > Chroniques > Nanars d'action > Guerre > Ultime combat

Ultime combat

  • Titre original : Deadly prey
  • Réalisateur :
  • Année : 1988
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : L'ultime con se bat (Catégorie : Guerre)
  • Durée : 1h25
  • Acteurs principaux : Ted Prior, David Campbell, Troy Donahue, Dawn Abraham
Note :
5
La Team Nanarland
Nikita

Chronique



Y’a des gens qui n’ont pas de chance. Prenez le Colonel Hogan, par exemple. Ce brave militaire avait trouvé un moyen idéal de se reconvertir à la vie civile : devenir le chef d’une organisation de mercenaires hideux chargés de mener d’obscures guerres secrètes pourries au service de capitalistes dégueulasses. Pour entraîner ses hommes, une méthode idéale : aller en ville, prendre un citoyen au hasard dans la rue et le faire ensuite traquer à mort par ses hommes dans la forêt environnant le campement. C’est vrai, quoi, quand on veut entraîner des soldats d’élite, il n’y a rien de mieux que de leur faire courser à quinze un civil désarmé sans aucune expérience du combat !



Tout pourrait continuer pour le mieux dans le meilleur des mondes, si le Colonel Hogan et ses hommes n’étaient pas particulièrement poissards. Car, en cherchant leur victime du jour dans la grande banlieue de Los Angeles (plus de 17 millions d’habitants), les mercenaires alpaguent, tandis qu’il sortait ses poubelles… MIKE DANTON ! Mike Danton, se trouve être un ancien membre de la troupe du Colonel Hogan au Vietnam, ce qui fait déjà un remarquable hasard. Mais surtout, Mike Danton, au Vietnam, était… LE MEILLEUR !




Le torse huilé de notre héros est-il le secret de son invincibilité ?


Et il l’est encore, ô combien : notre homme se trouve être une sorte de synthèse parfaite de Rambo, Tarzan et McGyver (et, physiquement, de Sylvester Stallone et Rod Stewart, mais là n’est pas la question) qui va totalement décimer ses poursuivants dans un véritable festival de violence bourrine qui ne s’arrêtera pas jusqu’aux derniers instants du film, laissant le spectateur littéralement pantelant !





« Ultime combat », ce n’est pas qu’un simple nanar d’action : ce film de David A. Prior est tout simplement BEAU. Une sorte de perfection ultime de la série Z, dont la sottise de bête à cornes n’a d’égal que sa violence cartoonesque. Du début à la fin, le film accumule les scènes d’action sanglante, dont quasiment aucune n’est exempte du détail qui la fera basculer dans le ridicule le plus complet.




« Ultime combat », c’est d’abord un héros. Mike Danton, interprété par Ted Prior (le frère du réalisateur) est sans nul doute l’attraction majeure, sa révélation n°1, sa moukrème à la glaviouze. Tout tourne autour de lui, dans un film dont il est à la fois le pilier, le point d’orgue et la cerise sur le gâteau. Non que Ted Prior soit particulièrement mauvais (il l’est, mais on a vu pire) : il est par contre sublimé par son personnage, qui constitue sans doute l’un des héros les plus puissants de toute l’histoire du nanar. Mike Danton est tout simplement la bête de guerre ultime ! Indestructible, jamais à court de ressources, notre héros passe l’essentiel du film désarmé et en short, ce qui ne l’empêche pas de venir à bout de mercenaires surarmés, qu’il tue l’un après l’autre de manières aussi variées que débiles. Le film nous vaut en effet un défilé des méthodes les plus idiotes pour venir à bout d’un adversaire : qu’il les estourbisse d’un coup de tronc d’arbre, qu’il transperce un homme de cent kilos avec une branchette ramassée par hasard, qu’il vienne à bout d’un tank à mains nues (et avec l’aide d’une bombinette sortie d’on ne sait où – il la cachait sans doute dans son short), ou bien qu’il résiste à des explosions de grenades à bout portant (avec juste quelques taches sur son short) Mike Danton est la machine de guerre la plus ridiculement efficace que l’on ait vue depuis Reb Brown dans « Strike Commando ».


La branchette de la mort !


Mike se restaure en mangeant des vers.


Ici, Mike remet en place son épaule déboîtée en une manœuvre qui aurait dû, normalement, contribuer à la déboîter encore plus.


Mike survit à une bonne dizaine de grenades qui pètent toutes à vingt centimètres de lui.


Mais la réussite totale d’ « Ultime combat » ne réside pas uniquement dans la présence du héros nanar ultime : le film est en effet un véritable défilé de perles, au point que l’éventualité que les auteurs l’avaient fait exprès vient plus d’une fois nous traverser l’esprit. Tout d’abord, nous adresserons toutes nos félicitations aux méchants, qui nous valent de grands moments de rigolade à force d’incompétence. Les hommes du Colonel Hogan sont en effet la plus belle bande de nullards jamais vus dans toute l’histoire du mercenariat : ils sont notamment incapables de lever la tête alors que le héros se cache à deux mètres au-dessus d’eux dans un arbre sans feuilles, et ont pour premier réflexe, en apprenant que le héros se cache dans le camp… de sauter dans leur camion et de tous partir à sa recherche A L’EXTERIEUR du camp, lui laissant le champ libre pour s’échapper tranquillement ! Effarant.



Notons également la participation des deux has-been de service, Cameron Mitchell et Troy Donahue. Mitchell, interprète du beau-père de Danton, policier à la retraite, intervient après avoir été appelé par sa fille (une blonde nunuche qui passera son temps à hurler et à se faire prendre en otage) : préférant que sa fille n’appelle pas la police (mais pourquoi donc ???), beau-papa trouve le camp secret des mercenaires à l’aide des trois derniers chiffres de la plaque d’immatriculation de leur camion, et infiltre ledit camp sans la moindre espèce de difficulté, ne dédaignant pas faire le coup de poing contre des sbires. Tout ça à 67 ans. Quelle vigueur ! Troy Donahue, quant à lui, tient le rôle de l’ignoble capitaliste nanar financier du Colonel Hogan. Sa présence dans le film nous vaut surtout quelques dialogues qui réussissent l’exploit de comporter un cliché par phrase, tout en ne voulant quasiment rien dire.



Cameron Mitchell.

Troy Donahue, jeune premier des années 1950-60 ayant ensuite sombré dans l’alcool, la drogue et le nanar : il est, avec Doug McClure, l’une des inspirations de l’acteur has-been Troy McClure, personnage des « Simpson ».


Grâce à un montage particulièrement rapide et sans temps morts, supprimant les scènes de liaison jusqu’à aboutir à des ellipses assez désopilantes, « Ultime combat » va crescendo, de morts débiles en affrontements grotesques, jusqu’au feu d’artifice final qui voit Mike Danton, revenu chez lui à Los Angeles (75 miles parcourus pieds nus en quelques heures, et sans prendre le temps d’avertir la police en passant), reprendre son vieil équipement de la guerre du Vietnam, qu’il a évidemment conservé, et attaquer les mercenaires pour régler le compte de ces coyotes à foies jaunes comme seul un soldat d’élite peut le faire. Ce qui nous vaut de nouvelles scènes ahurissantes qui voient le héros tapisser toute la forêt de pièges débiles, le tout en moins d’une heure alors qu’il aurait dû y passer la journée. L’affrontement final avec le Colonel Hogan et ses sbires nous vaudra de nouveaux moments de pur bonheur, faisant littéralement exploser le plafond en battant des records de ridicule, avec une mention spéciale pour la scène légendaire où notre héros jette son arme à feu pour attaquer un sbire (armé d’un revolver, et qui pourtant le rate à deux mètres !) à la machette, lui tranche le bras sans qu’aucune goutte de sang ne soit visible, avant d’assommer son adversaire en le frappant avec le membre coupé. Inoubliable.










Mélange totalement explosif de « Rambo » et des « Chasses du Comte Zaroff », « Ultime combat » est l’un des nanars d’action les plus parfaits qui soient. Dialogues hallucinatoires, action au top de la débilité, hystérie permanente, surenchère de crétinisme : rarement aura-t-on vu film aussi abouti malgré son état de mort cérébrale complète ! Un véritable bonheur, qui nous rappelle pourquoi nous aimons les nanars !

Nikita
Nikita

Ultime combat

Vidéos

Noter cette vidéo :

Ils l'ont dit


  • Crève, ordure !
PUB

Les notes des membres

Moyenne : 4.33
avatar de Barracuda Barracuda : 5
avatar de John Nada John Nada : 3.5
avatar de Kobal Kobal : 4
avatar de Labroche Labroche : 5
avatar de MrKlaus MrKlaus : 3.5
avatar de Nikita Nikita : 5
avatar de Nikita Nikita : 5
avatar de Rico Rico : 4
avatar de Wallflowers Wallflowers : 4