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Ultime combat

  • Titre original : Deadly prey
  • Réalisateur :
  • Année : 1988
  • Pays : Etats-Unis
  • Genre : L'ultime con se bat (Catégorie : Guerre)
  • Durée : 1h25
  • Acteurs principaux : Ted Prior, David Campbell, Troy Donahue, Dawn Abraham
Note :
5
La Team Nanarland

Chronique



Dur, très dur de chroniquer un film aussi dense ! Dans le genre très encombré du sous-Rambo, ce nanar d'exception parvient à dépasser ses concurrents de la tête et des épaules par sa crétinerie de tous les instants et surtout par son incroyable aptitude à surprendre même les plus blasés.





Les prémices d'Ultime Combat accumulent pourtant tous les poncifs du genre. Un groupe de mercenaires dirigés par le sadique colonel Hogan (une référence à Papa Schultz ? On n'ose y croire…) a pris l'habitude de kidnapper des gens au hasard et de s'en servir comme proies humaines pour leur entraînement. Tout bascule le jour où ils kidnappent par hasard Mike Danton, lui-même ancien élève de Hogan et véritable machine à tuer née de l'enfer de la guerre. Comme le rappelle l'accroche du film, « Au Viêt-Nam, il était le meilleur… Il l'est encore ! ». En moins de dix minutes, les personnages sont posés et la baston a démarré. Le grand portenawak peut commencer et il ne s'arrêtera pas une seconde jusqu'au générique de fin.



Apprenez à poser tout plein de pièges à cons !


Difficile de rentrer dans les détails, tant l'effet de surprise compte beaucoup dans l'intérêt du film. En effet, pour chaque nouveau sbire zigouillé, Mike Danton emploie une nouvelle technique encore plus loufoque que la précédente. Couteau, grenades, fusil, mains nues, pièges à con, tout y passe, y compris d'autres méthodes disons… plus exotiques. Il n'y a pas deux mercenaires qui meurent de la même façon, et chacune de ces tueries sans exception parvient pourtant à exploser le compteur de nanardise. Même les scènes les plus anodines peuvent soudain basculer dans le ridicule le plus extrême au moment où l'on s'y attend le moins. Une illustration parfaite nous en est donnée, par exemple, avec cette scène de lutte on ne peut plus banale à première vue...


« J'te crève » informe aimablement notre héros avant d'éventrer un nouveau mercenaire.


Forcément, là, il fait moins le malin.


Ce qui crée vraiment le décalage en fait, c'est la volonté du film d'aller plus loin que tout le monde dans le côté hardcore-dur-à-cuire. Nous sommes en 1988, le genre du film d'action à base de gros bras vétéran du Viêt-Nam est plus embouteillé que jamais, et qui plus est son âge d'or touche à sa fin. Alors pour surnager, David Prior en rajoute. Beaucoup, beaucoup. Quand Mike Danton veut assommer un sbire, il ne se contente pas d'utiliser une simple branche. Lui, il va carrément chercher un tronc d'arbre entier ! Là où les autres vétérans du Viêt-Nam body-buildés restent torse nu et transpirent discrètement pour mieux mettre en valeur leur musculature, Ted Prior lui se met entièrement à poil pendant tout le film (il ne porte qu'un minuscule short et ne se rhabille qu'à la toute fin) et se vide des bidons entiers d'huile sur le corps. Quoi que la concurrence ait fait, Ultime Combat fait pareil, mais en pire. La séquence finale, mythique, place le film définitivement hors de portée de tous ses concurrents en matière de bourrinage (et là je ne parle pas uniquement des sous-Rambo, mais bien de la totalité du cinéma d'action contemporain). Je préfère ne pas en dire plus et vous laisser la découvrir.


"Au Viêt-Nam, il avait le short le plus court... Et le torse le plus huilé !"



Mike Danton, spécialiste des tours de con.


Si l'action constitue le cœur nanar du film, elle est bien enrobée par plusieurs couches de crétinerie superposées, un peu comme une glace Mystère où le cœur de meringue est recouvert par l'épaisse glace à la vanille.


Puisqu'on parle de ça, voici l'indispensable dégustation de vers de terre.


Médecine douce : aujourd'hui, se remettre en place une épaule déboîtée avec un caillou.


Ainsi parmi le casting, on ne trouve que du premier choix. Si Ted Prior, par ailleurs frère du réalisateur, crève l'écran dans le rôle de Mike Danton, il est soutenu par des personnages secondaires largement aussi charismatiques. Au premier rang de ceux-ci, il faut citer le beau-père de Danton, incarné par Cameron Mitchell (le Commandant / Père Noël de « Space Mutiny »). On ne nous le précise pas, mais il est facile de deviner qu'en Corée, il était sans doute le meilleur aussi. Ancien flic devenu pasteur, il a droit à sa part d'action même si son rôle exact dans le film reste assez obscur. Il doit avoir quatre répliques, dont deux des plus atterrantes du film, la première lorsqu'il intercepte la voiture du politicard de Washington grand responsable de tout ça et la seconde lorsqu'il trucide le mercenaire de service :


"- Ami ou Ennemi ?
-Euh… Je suis un ami !
- Tu es un menteur ! *PAN*"


Le grand responsable de tout ça justement, c'est Troy Donahue, totalement inexpressif et visiblement ennuyé d'être là. Lorsqu'il ne se fait pas donner la leçon par Cameron Mitchell, il est occupé à engueuler le colonel Hogan. Ultime Combat démontre une nouvelle fois sa suprématie puisque même pour des dialogues aussi convenus que celui-là, il réussit à nous dérouter complètement.


Cameron Mitchell et Troy Donahue incarnent l'éternelle lutte des classes.


Rien, absolument rien dans le code pénal n'interdit de sortir ses poubelles habillé comme ça.


Parmi les autres personnages, le colonel Hogan lui-même est assez insignifiant. Par contre, on se régalera avec ses deux bras droits. L'un d'entre eux est une femme, une allumeuse et une catin sans pitié qui joue effroyablement mal. L'autre bras droit, celui à qui il manque le bras droit, justement, se prend pour Snake Plissken pendant tout le film et c'est bien assez pour nous le faire aimer. De son côté, Mike Danton n'est guère mieux loti puisque outre son beau-père déjà évoqué, il doit composer avec sa femme, qui joue très mal aussi, et son meilleur ami, Cooper, qui veut tellement faire le mec sympa qu'au bout de deux minutes on en vient à souhaiter que l'un des mercenaires apprenne enfin à viser.



Troy Donahue, Cameron Mitchell et David Campbell.



Les deux bras droit du méchant, la femme et le meilleur ami du héros.


Et puis, il y a ces petits détails qui sentent la production bien calibrée. Ainsi, on nous informe très vite que le camp des mercenaires se trouve « à 70 km de la ville ». Ca n'empêchera pas les personnages de faire plusieurs fois l'aller-retour dans la journée, parfois à pied et généralement en moins de dix minutes. La supériorité de Danton sur les mercenaires ne fait certes aucun doute (après tout, au Viêt-Nam, il était le meilleur !) mais la nullité de ces derniers laisse parfois pantois. Lorsque Mike Danton fait tomber un mur sur ses ennemis, on peut être sûr que les pierres en carton ressembleront vraiment à du carton.


Le Mur de la Mort !


Une sacrée bande de bras cassés.


Un rythme d'enfer, un casting de choc, un bourrinage aux limites de l'extrême, une crétinerie encore au-delà de ça, et un final extraordinaire permettent à Ultime Combat de gagner à l'arrachée sa place au sommet. Je ne sais pas si Mike Danton était le meilleur au Viêt-Nam, mais sur Nanarland, c'est sûr, on lui réservera sa place parmi l'élite.


Ultime combat

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